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mardi 17 juin 2008

David Schockaert : “Un feu dévorant que je ne peux pas contenir” (Jr 20)

DS

Je suis David Schockaert, né en 1978 à Tourcoing, originaire de Roncq, Villeneuve-d’Ascq, Lesquin, Mons-en-Baroeul et Lille ! Ces sont les lieux où j’ai habité. Une vie déjà nomade, qui n’est peut-être pas étrangère à mon engagement aux Missions étrangères de Paris, pour devenir missionnaire à vie en Thaïlande ! Mais avant cet appel à la mission au loin, et cet envoi en Thaïlande, il y en a eu bien d’autres... et il y en aura d’autres !

Premier appel à devenir prêtre, que j’exprime à 8, 9 ans. Mais il me fallait d’abord grandir, découvrir le monde, découvrir Dieu, au sein de ma famille. Ce fut mon premier envoi. Et puis, adolescent, ce désir de devenir prêtre était toujours là, un peu flou il est vrai.
On me dit que rencontrer un prêtre régulièrement peut me faire du bien : deuxième appel. Je me rends compte que lui parler de ma foi m'aide à faire des liens dans ma vie et m’aide à formuler petit à petit mon désir profond. Creuser mon désir, deuxième envoi.

Après le bac, je ne me sentais pas prêt à entrer au séminaire, et j’hésitais à entamer des études longues. Mes professeurs m’y encouragèrent (troisième appel). J’entrai finalement à HEI à la Catho pour cinq ans. Le monde étudiant avec ses prises de responsabilité, la rencontre de la diversité, les amitiés fortes, la découverte d’un métier et d’un milieu, l’entrée dans le monde adulte. Ce fut mon troisième envoi, fondateur.
D’autant qu’en deuxième année, je décide de commencer ma formation pour devenir prêtre, suite à la proposition de mon accompagnateur (quatrième appel) : grâce aux Groupes de formation universitaires (GFU), je commence les cours de théologie, J’aime l’image du vitrail : composé d’éclats de verre de différentes couleurs, plus ou moins polis, qui forment ensemble un visage, une scène de l’Evangile ou de la vie d’un saint et qui ne s’animent vraiment qu’à la lumière du soleil extérieur. Le prêtre, ministre de la communion, se met au service de cette unité, de cette harmonie afin qu’elle puisse se laisser transfigurer par le Christ et rayonner sa lumière au monde entier.

Ainsi en est-il de tous les prêtres qui composent le presbyterium autour de l’évêque qui doivent veiller à ce que chacun ait sa place dans l’Eglise, diacres permanents, laïcs, animateurs ou animatrices en pastorale, religieux et religieuses… tous au service de la même mission. Il y aurait encore tant à dire ! La tâche est exaltante, elle peut être rude, mais la mission sera passionnante : ensemble nous sommes le Corps du Christ ! Bible, philosophie, etc., je partage avec d’autres jeunes qui sont sur la même route. Temps d’affermissement de la foi et du désir d’être prêtre : j’ai bien en moi ce “feu dévorant que je ne peux pas contenir” (Jr 20). Les GFU m’envoient (quatrième envoi) vivre ma foi dans le monde étudiant : je vis cela en particulier à l’aumônerie de la Catho.

(Cinquième appel) Celui de partir au loin, pour servir et découvrir. Envoyé par la Délégation catholique pour la coopération (cinquième envoi), je travaille deux ans en Indonésie comme éducateur. C’est là que je croise la route des Missions étrangères de Paris. Je découvre et je sers l’Eglise locale, j’essaie de témoigner auprès des jeunes d’une vie animée par la foi en Jésus-Christ. Je découvre que, sans la prière qui nous branche à la source d’amour, le service et le don sont secs et sans saveur (1 Co 13). A mon retour, j’entre au séminaire de Lille et Dieu m’appelle (sixième appel) à “ne pas glaner dans un autre champ, mais de prendre ce qu’on me donnera ici” (Rt 2) : je me laisse modeler dans la formation à Lille, sans rêver d’ailleurs. Chemin d’humilité. Je remets mon désir entre les mains de l’Eglise, qui me fait avancer vers la prêtrise, m’envoie à Villeneuve-d’Ascq, puis à Wazemmes-Moulins, enfin à la Fraternité des parvis à Saint-Maurice (sixième envoi). Ma relation au Christ s’intensifie, mon désir de tout lui donner – et à son Eglise – aussi. Un fruit en surgit, mûrit et s’affirme : le désir de partager l’incroyable richesse du Christ dans des pays qui ne le connaissent pas. Pendant plus de trois ans, le Seigneur frappe à ma porte (Ap 3), jusqu’à ce que le “Pars, quitte ton pays vers la terre que je t’indiquerai” de Dieu à Abraham (Gn 12) me la fasse ouvrir en grand (septième appel). Ce sont tous ces appels, mes réponses, ces envois, qui m’ont permis de reprendre les mots d’Isaïe : “Je suis prêt, envoie-moi.” Je suis entré aux Missions étrangères en janvier 2007. Et j’ai reçu ma destination le jour de l’ordination diaconale : “David, tu es envoyé en Thaïlande.” (Septième envoi).

Un envoi qui en ouvre d’autres : celui de me former encore pour un an au dialogue interreligieux à Paris, puis celui d’apprendre la langue thaïe à Bangkok pendant trois ans, et puis tous ceux que me donnera mon évêque en Thaïlande. Mais avant cela, il y aura l’appel et l’envoi décisifs du 22 juin : celui d’être prêtre et celui de servir l’Eglise et le monde comme prêtre. C’est avec joie et confiance que je me laisserai ainsi appeler et envoyer : “Vie et joie à ceux qui cherchent Dieu” (Ps 68).

Eglise de Lille, N°11, 6 juin 2008

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