mercredi 25 février 2009
Le jour des cendres est l’annonce de la Pâque
« … Oui, recevoir les cendres signifie prendre conscience que le feu de l’amour de Dieu consume nos péchés ; consumés par la miséricorde de Dieu, « ils sont de peu de poids » ; regarder ces cendres signifie confirmer notre foi pascale : un jour nous serons cendre, poussière , mais destinée à la résurrection. Oui, dans notre Pâque, notre chair ressuscitera et la miséricorde de Dieu, comme un feu, consumera nos péchés dans la mort.
En vivant le mercredi des Cendres, les chrétiens ne font rien d’autre que réaffirmer leur foi dans la réconciliation avec Dieu en Christ, leur espérance d’être un jour ressuscités avec le Christ pour le vie éternelle, leur vocation à la charité qui n’aura jamais de fin. Le jour des cendres est l’annonce de la Pâque, pour chacun de nous. »
Enzo Bianchi, Donner sens au temps, Bayard (2004)
« Que faire pour le Carême ? » : 10 conseils
Souvent des fidèles catholiques se demandent : « Que faire pour le Carême ? »
Avec le bon sens qu’on lui connaît, le Cardinal DANNEELS donnait l'an passé 10 conseils pratiques à titre d’exemple (paru dans Pastoralia de février 2007). Il y ajoutait cependant, tel un avertissement : « Ci-joint dix règles pour un bon Carême. Mais elles ne signifient rien, si elles ne nous rapprochent pas de Dieu et des hommes. Ou si elles nous rendent tristes. Ce temps doit nous rendre plus légers et plus joyeux. »
Cardinal DANNEELS
http://www.cathobel.be/files/s2/PDF/Careme2007.pdf
Souvent des fidèles catholiques se demandent : « Que faire pour le Carême ? »
Partage d’Evangile : Mercredi des cendres
Nous voici au pied de la paroi pour la grande montée vers Pâques. L’Eglise, en guide sage, indique quarante jours d’escalade, quarante jours sans chercher de record à battre, quarante jours pour tous, forts ou faibles, entraînés ou rouillés, dans une seule cordée.
C’est le départ, dans la poussière des cendres : »Souviens-toi que tu es poussière. » Entre chrétiens, on ne mâche pas les mots. Mais pourquoi certains considèrent-ils le carême comme une randonnée de routine avec un équipement démodé aux noms étranges de jeûne et abstinence ! Nous savons que les mots peuvent changer, qu’on peut les habiller au goût du jour, mais que la réalité est toujours la même, dans sa nudité, toujours aussi pressante : la croix, scandale pour les uns, folie pour les autres, mais en tous cas seul chemin qui conduit au salut.
Le mercredi des cendres nous accueillons le carême comme le seul itinéraire possible vers le sommet de Pâques, comme le « temps favorable » à la rencontre de Dieu. Certes, le temps de la patience de Dieu se prolonge au-delà, le sursis s’étire aux dimensions de notre vie mais nous savons que le dernier mot a déjà été dit dès le début, celui de l’amour miséricordieux.
Nous sommes souvent découragés, désabusés ; la colonne s’étire et le sommet semble s’éloigner au fur et à mesure que progresse notre marche d’approche. « Notre Père, disait Péguy, de combien il s’en faut que notre nom soit sanctifié, de combien il s’en faut pour Règne arrive… » Nous ne pouvons pas égrener ainsi un Notre Père à l’envers. C’est ici que l’Esprit vient à notre aide, lui l’ennemi juré de notre nostalgie comme de toute impatience. « Aujourd’hui », voilà le maître mot.
Voici donc le salut qui se lève dans un nuage de cendres. « Convertissez-vous et croyez à l’Evangile. » Seigneur, j’entends ton appel t j’attaque la paroi plus impressionnante de loin que de près. Curieusement, plus je me reconnais pécheur et plus je me sens léger : c’est que tu as pris mon sac, Seigneur.
Et déjà, là-haut, je vois poindre la lumière de Pâques !
Cardinal Roger Etchegaray, J’avance comme un âne , Fayard (1984)
mardi 24 février 2009
De Taize...

Jésus le Christ, tu as porté une croix ;
même accablé, malmené,
tu ne menaçais pas, tu pardonnais.
Cherchant à te suivre,
nous voudrions nous aussi savoir pardonner
et encore pardonner.
Timothy Radcliffe: La Promesse de Vie (XII)
2.3. La sexualité, le corps et le désir
b) Le désir
« J'ôterai de votre chair le cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair. » (Ez 36,26) Pour que nos cœurs deviennent de chair, nous devons laisser transformer nos désirs. Quels sont les désirs qui modèlent notre cœur, et que nous dissimulons aux autres, peut-être même à nous-mêmes? « Aucun de nous n'est à lui-même si transparent qu'il sache parfaitement ce qui lui tient vraiment à cœur. » (Nicholas Lash, The Beginning and the End of Religion, Cambridge, 1996, p.21.). Tant que nous ne regarderons pas carrément nos désirs en face et n'apprendrons pas à bien désirer, nous serons donc sujets à leur contrôle et par conséquent prisonniers d'eux. C'est particulièrement difficile dans une société toute dévouée à la culture du désir. Notre société ne meurt pas de faim mais d'un excès de désir. La moindre publicité nous encourage à désirer plus, sans cesse, infiniment. Le monde se consume d'un désir immodéré, vorace, qui pourrait bien nous consommer tous. Un désir sexuel effréné est juste symptomatique de la manière dont on nous apprend à considérer le monde comme bon à être pris et consommé. En premier lieu, cet amour qu'est l'amitié nous invite à voir les autres sans en rechercher la possession. Nous sommes heureux avec eux sans viser à la propriété. Il est difficile d'atteindre à cette liberté de cœur en restant captivé par la culture de marché, dans laquelle tout est là pour être acheté et utilisé, même les autres personnes. Aussi la véritable amitié nous demande-t-elle de rompre avec la culture dominante de notre temps. Nous devons apprendre à regarder avec clarté, avec des yeux qui ne dévorent pas les autres ni le monde. Saint Thomas écrivait: « Ubi amor, ibi oculus. Où il y a l'amour, il y a l'œil. » (Sentences 3 d 35, 1, 2, 1.) Il dit que quand nous convoitons, nous regardons l'autre comme le lion regarde le cerf, comme un repas à dévorer. L'amour est par conséquent inséparable d'une vraie pauvreté de cœur. Comme le demandait William Blake: « Se peut-il que soit Amour, ce qui boit l'autre comme une éponge boit l'eau? » (Vision of Albion 7.17.) Aussi la guérison du désir nécessite une manière différente de regarder le monde, une véritable pauvreté. Et quelle sorte de sens la chasteté pourrait-elle bien signifier si nous demeurions tout aussi « acquéreurs » dans les autres domaines? Comme l'a écrit Don Goergen, op: « Si je prends part à la société de consommation, défends le capitalisme, tolère le machisme, crois que la société occidentale est supérieure aux autres, et suis abstinent sexuellement, je témoigne simplement en faveur de ce que nous soutenons: le capitalisme, le sexisme, l'arrogance occidentale, et l'abstinence sexuelle. Cette dernière ne saurait guère être profondément significative et l'on comprend bien qu'elle soit mise en cause. » (Op. cit.) Nous avons aussi besoin d'envisager clairement la sexualité et de nous affranchir de la mythologie sexuelle de la société contemporaine. Nous devons démythifier la sexualité. D'un côté, une relation sexuelle est généralement considérée comme le point culminant de tous nos appétits de communion et la seule échappatoire à la solitude. On l'a appelée le dernier sacrement de transcendance restant, le seul signe que nous existons pour quelqu'un d'autre, ou même que nous existons tout court. Ne pas avoir de relation sexuelle est par conséquent être à moitié mort. D'un autre côté, la sexualité est banalisée. Une dame anglaise déclarait récemment que ce n'est pas plus important que de prendre une tasse de thé. C'est cette association de la déification de la sexualité et de sa banalisation qui rend le célibat si dur à supporter. On nous dit à la fois que c'est indispensable, et que c'est à faire sans devoir y songer un instant. La rééducation de nos cœurs humains exige que nous considérions clairement la sexualité. Elle est bien en effet un magnifique sacrement de communion avec une autre personne, le don de soi-même, et elle ne peut donc en aucun cas être banalisée. Mais il y a d'autres moyens d'aimer
Enfin, face aux insatiables désirs du marché, nous sommes invités non pas à la répression, mais à une soif bien plus grande. Nous sommes des gens passionnés, et tuer toute passion serait nous rabougrir et dessécher notre humanité. Cela ferait de nous des prêcheurs de mort. Au contraire, nous devons être libérés en des désirs plus profonds, désirs de la bonté illimitée de Dieu. Comme le dit Oshida, dominicain japonais, nous implorons Dieu de se faire irrésistible. Si nos désirs font fausse route, ce n'est pas que nous demandions trop, mais parce que nous nous sommes contentés de trop peu, de satisfactions trop minuscules. « L'idéal pour nous est de ne pas contrôler du tout nos appétits, mais de leur lâcher totalement la bride dans le sillage d'un appétit de Dieu incontrôlé. » (Simon Tugwell, op, Reflections on the Beatitudes, Londres, 1980, p. 78.) Les publicités qui bordent nos routes nous invitent à combattre les uns contre les autres et nous piétiner mutuellement dans une compétition pour satisfaire nos désirs sans fin; notre Dieu offre la satisfaction d'un désir infini, libre et offert. Désirons plus profondément.
Cette transformation du désir impliquera sans doute quelque ascèse. C'est une conclusion à laquelle j'ai longtemps résisté! Dominique est sûrement parvenu à sa liberté, sa spontanéité, sa légèreté de cœur, en partie parce qu'il était modéré, mangeait et buvait peu. Il festoyait avec ses frères mais il jeûnait aussi. Il existe une ascèse qui n'est pas un rejet manichéen du monde de Dieu, mais nous enseigne à trouver en elle un plaisir juste. « Il s'agit de renoncer, non pas au désir lui-même -ce qui serait inhumain-, mais à sa violence. Il s'agit de mourir à la violence du plaisir, à sa toute-puissance. » (Jean-Louis Bruguès, op, Les idées heureuses, Paris, 1996, p. 56.). La mesure modère nos appétits face aux besoins réels de notre corps, et nous sauve ainsi des illusions du fantasme et de la tyrannie du désir.
La promesse de vie, Frère Timothy Radcliffe, o.p.
Maître de l'Ordre des Prêcheurs, le 25 février, Mercredi des Cendres 1998
dimanche 22 février 2009
Prière pour commencer la semaine (9-09):
DIEU, TU ME CONNAIS
Dieu,
tu me connais.
Quand
je suis perdu,
tu
sais d'où je viens,
tu
sais où va mon chemin.
Tu
as mis sur moi ta main.
Même
si j'escaladais le ciel,
si
j'allais au bout de la terre,
tu
ne me quitterais pas.
Dans
le ventre de ma mère,
tu
m'aimais déjà,
j'étais
toute ta joie.
Tu
rêvais de moi bien avant
que
je vienne au monde.
C'est
toi qui as dessiné mes joues,
mon
front, ma bouche.
On
dirait que tu m'as brodé
dans
le secret,
modelé
comme un potier.
Dans
le tissu de mes journées,
je
reconnais ton fil d'or.
Je
m'émerveille de ton œuvre :
chacun,
pour toi, est une étoile.
Montre-moi
le chemin
qui
conduit vers toi.
Psaume 138, repris
par Catherine de Lasa « « Découvrir et prier Les psaumes »
Bayard Editions/Centurion
Une Bonne Nouvelle pour aujourd'hui: l'Evangile (Mc 2, 1-12)
Jésus était de retour à Capharnaüm, et la nouvelle se répandit qu'il était à la
maison. Tant de monde s'y rassembla qu'il n'y avait plus de place, même devant
la porte. Il leur annonçait la Parole. Arrivent des gens qui lui amènent un
paralysé, porté par quatre hommes. Comme ils ne peuvent l'approcher à cause de
la foule, ils découvrent le toit au-dessus de lui, font une ouverture, et
descendent le brancard sur lequel était couché le paralysé. Voyant leur foi,
Jésus dit au paralysé : « Mon fils, tes péchés sont pardonnés. » Or, il y avait
dans l'assistance quelques scribes qui raisonnaient en eux-mêmes : « Pourquoi
cet homme parle-t-il ainsi ? Il blasphème. Qui donc peut pardonner les péchés,
sinon Dieu seul ? » Saisissant aussitôt dans son esprit les raisonnements
qu'ils faisaient, Jésus leur dit : « Pourquoi tenir de tels raisonnements ?
Qu'est-ce qui est le plus facile ? de dire au paralysé : 'Tes péchés sont
pardonnés', ou bien de dire : 'Lève-toi, prends ton brancard et marche' ? Eh
bien ! Pour que vous sachiez que le Fils de l'homme a le pouvoir de pardonner
les péchés sur la terre, je te l'ordonne, dit-il au paralysé : Lève-toi, prends
ton brancard et rentre chez toi. » L'homme se leva, prit aussitôt son brancard,
et sortit devant tout le monde. Tous étaient stupéfaits et rendaient gloire à
Dieu, en disant : « Nous n'avons jamais rien vu de pareil. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
vendredi 20 février 2009
Lionel, bientôt diacre...
Lionel, bientôt diacre from Pastorale des Jeunes on Vimeo.
mercredi 18 février 2009
Ordination diaconale de Bruno Becker en images...

Vous pouvez vivre ou re-vivre l'ordination de Bruno B. en parcourant l'album (suivez les liens !):
http://www.bonnesnouvelles.org/Ordination-diaconale-de-Bruno.htm ou
http://www.brunobecker.org/spip.php?article43
mardi 17 février 2009
Timothy Radcliffe: La promesse de vie (XI)
2.3. La sexualité, le corps et le désir
a) Un idéal inaccessible?
C'est une idée magnifique, mais qui peut sembler lointaine et inaccessible. Dans notre combat avec le désir sexuel, avec les fantasmes et les désirs de possession, cette amitié désintéressée peut paraître hors de notre portée. Les médias nous assurent chaque jour que cet idéal est « irréaliste ». Mais Dieu ne transforme pas l'humanité en nous invitant à grimper péniblement jusqu'au paradis. La vie divine vient à nous là où nous sommes, chair et sang. Jésus commande à Zachée de descendre de l'arbre pour le rejoindre sur le sol. La Parole se fait corps, prend sur elle nos désirs, notre passion, notre sexualité. Pour rencontrer le Seigneur et être guéri, nous devons nous aussi nous incarner, dans les corps que nous sommes, avec toutes nos passions, avec nos blessures et nos appétits.
Nous partons de qui nous sommes et ce que nous sommes. Quand on nous revêt de l'habit, nous apportons à l'Ordre cette personne, fruit d'une histoire et porteuse de ses blessures. C'est elle que le Seigneur a appelée, et pas quelque être humain idéal. Nous venons avec les cicatrices de l'expérience passée, peut-être avec les souvenirs encore à vif d'échecs amoureux, d'abus subis, d'expériences
sexuelles. Nos familles nous ont enseigné à aimer; elles nous ont parfois aussi infligé des blessures qui prendront longtemps à guérir. Grandir dans cet amour semblable à celui du Christ prend du temps, et ce temps nous est donné. C'est un don et Dieu offre toujours ses dons dans la durée. Il a mis des siècles à former son peuple, préparer la voie pour la naissance de son Fils. Dieu nous donne vie, patiemment, pas en un instant. Si nous acceptons ses dons, nous devons accepter la manière dont Dieu donne, « je ne vous donne pas comme le monde donne" »(Jn 14,27). Accepter ce don du temps est peut-être tout particulièrement important pour notre société, dans laquelle l'adolescence est prolongée, et où ce n'est que tardivement que la plupart d'entre nous arrivent à la maturité. Nous devons partir de nos désirs, de nos appétits, de notre corps. Nous ne sommes ni des anges ni des bêtes, mais faits de chair, de sang et d'esprit, destinés au Royaume. Mais, comme l'a dit Pascal, si nous commettons l'erreur de penser que nous sommes des anges, c'est alors que nous deviendrons des bêtes.
La promesse de vie, Frère Timothy Radcliffe, o.p.
Maître de l'Ordre des Prêcheurs, le 25 février, Mercredi des Cendres 1998















