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mercredi 24 juin 2009

Card. Roger Etchegaray: 'Prêtre au solstice de juin'

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C’était le jour de la Saint-Jean… à Saint-Jean-de-Garguier, dans la banlieue marseillaise, pour les noces de diamant d’un prêtre.

Avec la naissance de Jean-Baptiste, un monde finit et un autre commence, un monde où ce qui est impossible à l’homme s’avère possible à Dieu. Dans une famille, il n’y a pas d’aurore plus chargée de promesse et d’incertitude qu’une naissance : que sera donc cet enfant ? Le petit de Zacharie et d’Elisabeth aurait dû s’appeler « comme son père » , et voici que divinement il prend un nom porté par personne dans la parenté. Il s’appellera Jean, « Dieu est grâce » (cf. Lc 1, 57-67).

Célébrer un jubilé sacerdotal sous le signe du Précurseur, c’est souligner la tâche permanente du prêtre : témoigner que Dieu est grâce, proclamer l’irruption de l’imprévisible de Dieu dans nos vies. Tout prêtre porte le nom de Jean. Plus encore il est lui-même Jean, celui qui ne cesse de montrer du doigt le Sauveur. Il diminue pour que Lui grandisse, il diminue jusqu’à être décapité pour exalter l’amour infini de Dieu. Parce qu’il éprouve jusque dans sa propre vie que tout est grâce, le prêtre devient hors d’âge et en tout temps s’affirme homme libre, détaché de toute pesanteur du passé, de la routine, de la peur. Chaque jour, le service de Dieu et de l’Eglise se présente à lui comme un frais matin, accueillant la nouveauté de l’aujourd’hui de Dieu.

Dans les nuits de la terre, le prêtre ne porte pas seulement le secret d’une grande espérance, il est la voix qui crie cette espérance en plein désert, il est celui qui par le sacrement de la réconciliation apporte au cœur meurtri de l’homme l’expérience indicible que tout est possible à Dieu. A longueur de mois le prêtre fait vivre la nuit la plus courte de l’année. La nuit où, depuis le fond des âges, les hommes s’efforcent de jeter un pont de lumière entre le jour qui tombe le plus tard et le jour qui se lève le plus tôt. La nuit où, sur les collines, de loin en loin, les feux de la Saint-Jean font reculer les ténèbres.

Prêtre au solstice de juin, pour que ne cesse de rougeoyer le Christ, Lumière des nations, Lumière sans couchant.

Cardinal Roger Etchegaray, J’avance comme un âne , Fayard (1984)

Posté par vocations à 07:00 - J'avance comme un âne... - Commentaires [0] - Permalien [#]

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