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jeudi 29 octobre 2009

Le Christ et l'abbé Ména:"Je suis avec toi"

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Sur un fond de collines et ciel rougi par le soleil couchant, deux hommes, tous deux nimbés, dans la même posture, nous font face. L’artiste a pris soin de les peindre semblables, frères et compagnons de route.
Pourtant, l’un est légèrement plus grand, son auréole porte la marque de la croix. Il porte un livre aux allures de trésor, doré et orné de perles. Sa grande taille ne lui sert pas à écraser son compagnon, au contraire : malgré l’usure, on voit encore très bien ses doigts posés sr son épaule.

Cette icône représente l’abbé Ména, supérieur du monastère de Banouît, en Egypte, au VII° siècle. Elle témoigne que l’abbé Ména s’est senti soutenu par le Christ dans sa vie religieuse. Soutien par sa Parole, ici représentée dans toute sa richesse ; soutien personnel, marqué par cet étonnant geste de protection affectueuse. Le Christ qui a appelé Ména à le suivre l’a accompagné dans sa mission, au long des jours de sa vie de moine dans les dunes du désert d’Egypte.
Aujourd’hui, des siècles plus tard, cette œuvre est toujours le reflet de la présence du Christ sur nos chemins. Comme autrefois l’abbé Ména, il accompagne ses frères humains sur leurs routes, par le trésor de sa Parole et, par sa présence affectueuse, il assure leur marche. Pour qui veut le suivre en répondant à son appel, il est le soutien et le modèle, nous offrant cette promesse toujours actuelle : « Je suis avec toi. »

Jeunes et Vocations, N°100-101, 2001, p.66

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lundi 21 septembre 2009

La vocation de Matthieu par le Caravage

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« En passant, Jésus vit Lévi, le fils d’Alphée, assis au bureau de la douane, et lui dit : « suis-moi ». Et se levant, il Le suivit. »

Dans ce bureau de douane, deux groupes de personnages se distinguent par leurs vêtements.

A gauche, autour de saint Matthieu, il sont vêtus comme les contemporains du Caravage ; le Christ et saint Pierre tels qu’ils pouvaient l’être à leur époque. Ainsi la scène se déroule hors du temps historique pour faire entrer le spectateur dans ce récit évangélique.

Le Christ, dans le même geste qu’Adam dans la fresque de la création de Michel Ange, prolonge la création de l’homme par Dieu, en vocation à suivre son appel.

C’est cette main tendue qui franchit le « vide » qui sépare les deux groupes de personnages, séparation entre l’humain et le divin, le péché et la grâce. Ce franchissement devient ainsi l’ouverture de l’alliance entre Dieu et les hommes réalisée dans le don de la grâce.

Avec ce geste, le Christ a engagé un dialogue auquel participe Pierre et Matthieu.

Au dessus de la main du Christ, une fenêtre ouverte, à meneaux en forme de croix, annonce la mort et la résurrection du Christ par laquelle il rachète les péchés. La vocation de Matthieu devient alors, non seulement le pardon de ses fautes, mais aussi une naissance, la passage de la mort à la vie, de l’ombre à la lumière.

Le Christ lui-même sort de l’ombre, son entrée dans la pièce n’a rien d’éblouissante ; de même que la lumière qui accompagne son appel, si elle vient toucher tous les personnages, ne trouble pas l’intérêt que le jeune et le vieillard (sur la gauche) mettent à compter leur argent.

Les visages des différents personnages expriment une certaine distance vis-à-vis de la scène : indifférence ? Surprise ? Défiance ?

Matthieu a gardé une main posée sur ses pièces, mais avec l’autre il hésite à se désigner. Cette réponse au dialogue ouvert par le Christ nous fait douter que ce personnage soit bien Matthieu. Il ne s’est pas encore levé, son expression est étonnée : toute la scène est dans l’instant où la grâce passe. Et le Christ attend la réponse de Matthieu qui va devoir laisser son argent pour suivre ces hommes dont les pieds nus expriment la pauvreté.

Saint Pierre est situé entre le spectateur et le Christ. Il est celui sur qui le Christ a bâti son Eglise, médiatrice entre Dieu et les hommes. C’est ainsi l’Eglise qui répète à son tour le geste du Christ invitant à la suivre.

Ce commentaire est issu d'une brochure achetée en l'église Saint-Louis des Français de Rome, où est exposé ce tableau du Caravage

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dimanche 20 juillet 2008

Moïse au buisson ardent (Raphaël)

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Dans un paysage paisible aux tendres verdures argentées, à l’écart du tumulte de la ville, un berger tremble de peur. Il a abandonné ses bêtes, déposé sa houlette, et avec elle pour un instant, le souci de son troupeau. Tête découverte et pieds nus, il a lâché prise sur tout ce qui fait sa vie quotidienne, car un feu vient d’éclater devant lui, étrange et violent tourbillon embrasé d’orange qui brise l’harmonie ordonnée de sa vie.

Le visage dans les mains, genou en terr, la nuque comme brisée, il s’est recroquevillé sur lui-même et a reconnu dans cet extraordinaire buisson de feu la présence d’un Dieu qui le fait trembler.

Et pourtant, ce Dieu qui vient à lui dans le feu n’inspire pas la peur. Vêtu de clair comme le jeune homme à qui il s’adresse, il jaillit dans un simple buisson de la campagne bien enraciné dans la terre et tirant d’elle sa force pour déployer un panache de feuilles plein de vie. Les flammes semblent jaillies de cette luxuriance, qu’elles respectent infiniment.

Ce Dieu est un Dieu de vie, et un Dieu de feu, qui invite à vivre et grandir en lui comme un jeune arbre, et à en brûler comme un flamme.

Mais bien souvent, nous nous voilons la face et ne regardons pas qui est ce Dieu venu à nous . et qui ne fait que bénir avec tendresse. Nous ne voyons alors que nos mains et nos limites. Ce n’est pourtant qu’en accueillant cette bénédiction que nous pouvons répondre à l’appel de Dieu, tellement plus vaste que nos petitesses !

Avec Moïse, prenons le temps d’accueillir ce Dieu de vie et de feu qui nous appelle, pour nous laisser envoyer, avec et au-delà de nos faiblesses, et répondre : « Me voici. »

Jeunes et vocations N°100-101, 2001

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