vendredi 1 mai 2009
Message Benoît XVI pour la JMV 2009
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mercredi 15 avril 2009
Message de Benoît XVI pour la JMV 2009 (4/4):
Qui peut se juger digne d’accéder au ministère sacerdotal ?
Qui, en ne comptant que sur ses seules forces humaines, peut embrasser la vie
consacrée ? Il est utile, une fois encore, de rappeler que la réponse de
l’homme à l’appel divin – quand on est conscient que c’est Dieu qui prend
l’initiative et que c’est lui aussi qui conduit le projet salvifique à son
terme – ne ressemble jamais au calcul craintif du serviteur paresseux qui, par
peur, a enfoui dans la terre le talent qui lui a été confié (cf. Mt 25, 14-30),
mais s’exprime en une prompte adhésion à l’invitation du Seigneur, comme le fit
Pierre quand il n’hésita pas à jeter de nouveau les filets en se fiant à sa
parole, alors qu’il avait peiné toute la nuit sans rien prendre (cf. Lc 5, 5).
Sans abdiquer en rien sa responsabilité personnelle, la libre réponse de
l’homme à Dieu devient ainsi « coresponsabilité », responsabilité dans et avec
le Christ, dans la puissance de l’action de son Esprit Saint ; elle devient
communion avec Celui qui nous rend capables de porter beaucoup de fruit (cf. Jn
15, 5).
Nous trouvons une réponse humaine emblématique, une réponse
de totale confiance en l’initiative divine, dans l’ « amen » généreux et
plénier que la Vierge de Nazareth a prononcé dans une adhésion humble et
décidée aux desseins du Très-Haut que l’envoyé céleste lui a communiqués (cf.
Lc 1, 38). La promptitude de son « oui » lui permit de devenir la Mère de Dieu,
la Mère de notre Sauveur. Marie dut ensuite répéter tant d’autres fois ce
premier « fiat », jusqu’au moment culminant de la crucifixion de Jésus, alors
qu’elle « se tenait près de la croix », comme le note l’évangéliste Jean,
participant à l’atroce douleur de son Fils innocent. Et précisément sur la
croix, Jésus mourant nous l’a donnée comme mère et nous a confiés à elle comme
ses fils (cf. Jn 19, 26-27), mère spécialement des prêtres et des personnes
consacrées. Je voudrais lui confier ceux qui entendent l’appel de Dieu à se
mettre en marche sur la route du sacerdoce ministériel ou de la vie consacrée.
Chers amis, ne vous découragez pas devant les difficultés et
les doutes ; confiez-vous à Dieu et suivez fidèlement Jésus, et vous serez les
témoins de la joie qui jaillit de l’union intime avec lui. À l’imitation de la
Vierge Marie, que les générations proclament bienheureuse parce qu’elle a cru (cf.
Lc 1, 48), engagez-vous avec toute votre énergie spirituelle pour réaliser le
projet salvifique du Père céleste, en cultivant comme elle, dans votre cœur, la
capacité de vous émerveiller et d’adorer Celui qui a le pouvoir de faire de «
grandes choses » parce que Saint est son nom (cf. Lc 1, 49).
Du Vatican, le 20 janvier 2009
Benoît XVI
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jeudi 9 avril 2009
Message de Benoît XVI pour la JMV 2009 (3)
En contemplant le mystère eucharistique, qui exprime de la
façon la plus haute le don libre fait par le Père dans la personne de son Fils
Unique pour le salut des hommes, et la disponibilité pleine et docile du Christ
à boire jusqu’à la lie la « coupe » de la volonté de Dieu (cf. Mt 26, 39), nous
comprenons mieux comment « la confiance dans l’initiative divine » modèle et
donne valeur à la « réponse humaine ». Dans l’Eucharistie, don parfait qui
réalise le projet d’amour pour la rédemption du monde, Jésus s’immole librement
pour le salut de l’humanité. « L’Église – a écrit mon bienaimé prédécesseur
Jean-Paul II – a reçu l’Eucharistie du Christ son Seigneur non comme un don, pour
précieux qu’il soit parmi bien d’autres, mais comme le don par excellence, car
il est le don de lui-même, de sa personne dans sa sainte humanité, et de son
oeuvre de salut 3. »
Les prêtres sont destinés à perpétuer ce mystère salvifique à travers les
siècles jusqu’au retour glorieux du Seigneur, et c’est précisément dans le
Christ eucharistique qu’ils peuvent contempler le modèle parfait d’un «
dialogue vocationnel » entre la libre initiative du Père et la réponse confiante
du Christ. Dans la célébration eucharistique, c’est le Christ qui agit en ceux
qu’Il choisit comme ses ministres ; il les soutient pour que leur réponse se
déploie en une attitude de confiance et de gratitude qui dissipe toute peur,
même quand devient plus forte l’expérience de la faiblesse personnelle (cf. Rm
8, 26-30) ou plus rude le contexte d’incompréhension, voire même de
persécution.
La conscience d’être sauvés par l’amour du Christ, que chaque messe alimente chez les croyants et spécialement chez les prêtres, ne peut pas ne pas susciter en eux un abandon confiant dans le Christ qui a donné sa vie pour nous. Croire au Seigneur et accepter son don conduit donc à s’abandonner à Lui avec un coeur reconnaissant, en adhérant à son projet salvifique. Quand cela advient, volontiers l’« appelé » abandonne tout et se met à l’école du divin Maître ; un dialogue fécond s’instaure alors entre Dieu et l’homme, une rencontre mystérieuse se réalise entre l’amour du Seigneur qui appelle et la liberté de l’homme qui lui répond dans l’amour tandis que résonnent en lui les paroles de Jésus : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais moi qui vous ai choisis et vous ai établis pour que vous alliez et portiez du fruit, et que votre fruit demeure » (Jn 15, 16).
Cet échange d’amour entre l’initiative divine et la réponse humaine est également présent, d’une manière admirable, dans la vocation à la vie consacrée. Le concile Vatican II rappelle : « Les conseils évangéliques de la chasteté consacrée à Dieu, de la pauvreté et de l’obéissance, fondés sur les paroles et les exemples du Seigneur et recommandés par les Apôtres, les Pères, les docteurs et les pasteurs de l’Église, sont un don divin que l’Église a reçu de son Seigneur et qu’elle conserve toujours avec sa grâce 4. » Là encore, Jésus est le modèle exemplaire d’une pleine et confiante adhésion à la volonté du Père, que chaque personne consacrée doit regarder. Attirés par lui, une multitude d’hommes et de femmes ont, depuis les premiers siècles du christianisme, abandonné famille, propriétés, richesses matérielles et tout ce qui est humainement désirable, pour suivre généreusement le Christ et vivre sans compromis son Évangile devenu pour eux une école de sainteté radicale. Aujourd’hui encore, beaucoup parcourent cet exigeant chemin de perfection évangélique et réalisent leur vocation par la profession des conseils évangéliques. Le témoignage de ces frères et de ces sœurs, dans les monastères de vie contemplative comme dans les instituts et les congrégations de vie apostolique, rappelle au peuple de Dieu « le mystère du Royaume de Dieu, qui agit déjà dans l’histoire, mais qui attend de prendre sa pleine dimension dans les cieux 5 ».
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mercredi 25 mars 2009
Benoît XVI: message pour la JMV 2009 (1): le 3 mai 2009
Confiance en l’initiative divine et réponse humaine
Vénérables Frères dans l’épiscopat et dans le sacerdoce,
Chers frères et soeurs !
Pour la prochaine Journée mondiale de prière pour les
vocations au sacerdoce et à la vie consacrée, qui sera célébrée le 3 mai 2009,
quatrième dimanche de Pâques, j’ai choisi d’inviter tout le Peuple de Dieu à
réfléchir sur le thème : la confiance en l’initiative divine et la réponse
humaine. L’exhortation de Jésus à ses disciples résonne sans cesse dans
l’Église : « Priez donc le Maître de la moisson, afin qu’il envoie des ouvriers
à sa moisson ! » (Mt 9, 38).
Priez ! L’appel pressant du Seigneur montre comment la prière pour les vocations
doit être
incessante et confiante. C’est, de fait, seulement si elle est animée par la
prière que la communauté chrétienne peut effectivement « avoir plus de foi et
d’espérance en l’initiative divine 1 ».
La vocation au sacerdoce et à la vie consacrée constitue un don divin spécial qui s’insère dans le vaste projet d’amour et de salut que Dieu a sur chaque homme et sur l’humanité entière. Dans sa lettre aux Éphésiens, l’apôtre Paul, dont nous faisons mémoire de façon spéciale pendant cette année paulinienne du bimillénaire de sa naissance, dit : « Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ, qui nous a bénis par toutes sortes de bénédictions spirituelles, aux cieux, dans le Christ, nous a élus en lui dès avant la création du monde pour être saints et immaculés en sa présence, dans l’amour » (Ep 1, 3-4).
dimanche 25 janvier 2009
Benoît XVI donne saint Paul comme modèle d’apostolat
Alors que nous célèbrons la conversion de saint Paul, il peut être intéressant de relire ce texte?
Le pape a reçu samedi matin, 29 novembre, différents groupes de séminaristes italiens des séminaires régionaux « Pie XI » d'Ancône, des Pouilles, à Olfetta, et « Saint Pie X » de Chieti, à l'occasion du centième anniversaire de leur fondation. Fides traduit.
« A l'imitation de saint Paul, chers séminaristes, ne vous lassez pas de rencontrer le Christ dans l'écoute, dans la lecture et dans l'étude de l'Ecriture Sainte, dans la prière et dans la méditation personnelle, dans la liturgie et dans toute autre activité quotidienne ». Il faut donner une grande valeur aux années de séminaire, « temps destiné à la formation et au discernement, années pendant lesquelles doit se trouver à la première place la recherche constante d'un rapport personnel avec Jésus, une expérience intime de son amour ».
Parmi les tâches prioritaires du prêtre, comme l'a rappelé récemment encore l'Assemblée du Synode des évêques, se trouve celle qui consiste à répandre avec largesse dans le champ du monde, la Parole de Dieu. Le pape a déclaré ainsi aux séminaristes : « La Parole de Dieu que vous serez appelés à semer et qui porte en elle la vie éternelle, c'est le Christ lui-même, le seul qui puisse changer le cœur de l'homme et renouveler le monde. Mais nous pourrions nous demander : l'homme contemporain ressent-il encore le besoin du Christ et de son message de salut ? ».
De nos jours, une certaine culture répand l'idée d'une humanité qui se suffit à elle-même, qui considère qu'elle est l'unique artisan de son propre destin, et qui, en conséquence, considère comme inutile la présence de Dieu, et pour cela aussi, l'expérience religieuse risque d'être considérée comme un choix subjectif, non essentiel et non déterminant pour la vie.
« Aujourd'hui, certainement, pour ces raisons et pour d'autres encore, a dit le pape, il est devenu assurément plus difficile de croire, toujours plus difficile d'accueillir la Vérité qu'est le Christ, toujours plus difficile de dépenser sa propre existence pour la cause de l'Evangile. Toutefois, comme la chronique le note quotidiennement, l'homme contemporain apparaît souvent perdu et préoccupé pour son avenir, à la recherche de certitudes, et désireux de points de référence sûrs. L'homme du troisième millénaire, comme du reste de chaque époque, a besoin de Dieu et il le cherche parfois même sans s'en rendre compte. La tâche des chrétiens, et de manière spéciale, des prêtres, c'est de recueillir ce désir profond du cœur humain, et d'offrir à tous, avec les moyens et les méthodes qui répondent aux exigences des temps, la Parole de Vie Eternelle qu'est le Christ, immuable et pour cela toujours vivante et actuelle, du Christ, Espérance du monde ».
Enfin, Benoît XVI a rappelé à ceux qui ont la charge de la formation des prêtres, leur tâche importante, d'être pour leurs élèves « des témoins de vie évangélique avant même que d'en être des maîtres ». Soulignant la valeur des Séminaires Régionaux, « qui peuvent être des endroits privilégiés pour former les séminaristes à la spiritualité diocésaine, en inscrivant avec sagesse et équilibre cette formation dans le contexte ecclésial et régional plus vaste », le Saint-Père a déclaré : que ces institutions « soient aussi des ‘maisons' d'accueil des vocations pour imprimer un élan plus grand encore à la pastorale des vocations, en soignant de manière toute spéciale le monde des jeunes, et en éduquant les jeunes aux grands idéaux évangéliques et missionnaires ».
Source: http://www.zenit.org/article-19527?l=french
mercredi 24 septembre 2008
Benoît XVI rencontre les membres du clergé de Bolzano-Bressanone (fin)

Le 6 août dernier, dans le cadre de ses vacances dans le Sud-Tyrol, le pape Benoît XVI a rencontré le clergé du diocèse de Bolzano-Bressanone. Il a répondu aux questions posées par quelques prêtres et séminaristes. Vous trouverez ci-dessous la dernière questions, par laquelle le pape évoque la situation des enfants qui ont reçu les sacrements mais n'assistent pas régulièrement à la messe du dimanche.
Paolo Rizzi, curé et enseignant de théologie à l'Institut supérieur des sciences religieuses - Saint-Père, mon nom est Paolo Rizzi, je suis curé et j'enseigne la théologie à l'Institut supérieur des sciences religieuses. Nous aimerions connaître votre avis de pasteur sur la situation concernant les sacrements de la première communion et de la confirmation. Les enfants, les garçons et les filles qui reçoivent ces sacrements sont toujours plus nombreux et se préparent avec soin en ce qui concerne les rencontres de catéchèse, mais ne participent pas à l'Eucharistie dominicale ; on en vient alors à se demander : quel sens a tout cela ? Quelquefois, on aurait envie de dire : « Mais alors, ne venez pas du tout, restez donc chez vous ! ». En revanche, on continue comme toujours à les accepter, en pensant qu' il est de toute façon préférable de ne pas éteindre la mèche de la flamme vacillante. Autrement dit, on pense que le don de l'Esprit Saint peut malgré tout agir également au-delà de ce que nous voyons et que, à une époque de transition comme la nôtre, il est plus prudent de ne pas prendre des décisions drastiques.
D'une manière plus générale, il y a trente-cinq ans, je pensais que nous nous préparions à être un petit troupeau, une communauté minoritaire plus ou moins dans toute l'Europe. Que l'on ne devait donc donner les sacrements qu'à celui qui s'engage véritablement dans la vie chrétienne. Par la suite, grâce aussi au style du pontificat de Jean-Paul II, j'ai reconsidéré les choses. S'il est possible de faire des prévisions pour l'avenir, qu'en pensez-vous ? Quelles attitudes pastorales pouvez-vous nous indiquer ? Merci.
Benoît XVI - Je ne peux pas donner une réponse infaillible en cet instant, je ne peux qu'essayer de répondre selon ce que je vois. Je dois dire que j'ai parcouru une route similaire à la vôtre. Quand j'étais plus jeune, j'étais plutôt sévère. Je disais : les sacrements sont les sacrements de la foi, et donc là où il n'y a pas de foi, où il n'y a pas de pratiques de la foi, le sacrement ne peut pas être conféré. Et puis j'ai toujours dialogué quand j'étais archevêque de Munich avec mes paroissiens : là aussi, il y avait deux écoles, une sévère et une plus large. Et moi aussi, j'ai compris avec le temps que nous devons plutôt suivre l'exemple du Seigneur, qui était très ouvert même envers les personnes aux marges de l'Israël de l'époque. C'était un Seigneur de la miséricorde, trop ouvert - selon les autorités officielles - avec les pécheurs, en les accueillant ou en se laissant accueillir par eux à leurs tables, en les attirant vers lui dans sa communion.
Je dirais donc en substance que les sacrements sont naturellement sacrements de la foi : là où il n'y aurait aucun élément de foi, où la première communion serait seulement une fête avec un grand repas, de beaux habits, de beaux cadeaux, alors ce ne serait plus un sacrement de la foi. Mais, de l'autre côté, si nous pouvons encore voir une petite flamme de désir de la communion dans l'Eglise, un désir également de ces enfants qui veulent entrer en communion avec Jésus, il me semble qu'il est juste d'être plutôt ouverts. Naturellement, cela doit être un aspect de notre catéchèse, de faire comprendre que la communion, la première communion, n'est pas un fait « ponctuel », mais exige une continuité d'amitié avec Jésus, un cheminement avec Jésus. Je sais que les enfants ont souvent l'intention et le désir d'aller le dimanche à la messe, mais les parents ne rendent pas possible ce désir. Si nous voyons que les enfants le veulent, qu'ils ont le désir d'y aller, il me semble que c'est presque un sacrement de désir, le « vœu » d'une participation à la messe dominicale. Dans ce sens, nous devrions naturellement faire notre possible dans le contexte de la préparation aux sacrements, pour toucher également les parents et - disons - réveiller ainsi en eux aussi la sensibilité pour le chemin que font leurs enfants. Ils devraient aider leurs enfants à suivre leur désir d'entrer en amitié avec Jésus, qui est forme de vie, d'avenir. Si les parents désirent que leurs enfants fassent la première communion, ce désir plutôt social devrait s'élargir en un désir religieux, pour rendre possible un cheminement avec Jésus.
Je dirais donc que, dans le contexte de la catéchèse des enfants, le travail avec les parents est toujours très important. Et c'est justement une occasion pour rencontrer les parents, en montrant de nouveau la vie de la foi aux adultes également, parce qu'il me semble qu'ils peuvent eux-mêmes réapprendre des enfants la foi et comprendre que cette grande solennité n'a de sens, n'est vraie et authentique, que si elle se fait dans le contexte d'un cheminement avec Jésus, dans le contexte d'une vie de foi. Il faut donc convaincre un peu les parents, à travers leurs enfants, de la nécessité d'un chemin préparatoire, qui se montre dans la participation aux mystères et commence à faire aimer ces mystères. Cela est certainement une réponse assez insuffisante, mais la pédagogie de la foi est toujours un cheminement et nous devons accepter les situations d'aujourd'hui, mais également les ouvrir un peu plus, pour qu'il ne reste pas à la fin qu'un souvenir extérieur de choses, mais que le cœur soit véritablement touché. Au moment où nous sommes convaincus, le cœur est touché, a senti un peu l'amour de Jésus, a éprouvé un peu le désir de se mouvoir et de se diriger sur cette ligne et dans cette direction. Je crois que nous pouvons dire alors que nous avons fait une vraie catéchèse. Le vrai sens de la catéchèse, en effet, devrait être celui-ci : porter la flamme de l'amour de Jésus, même si elle est faible, aux cœurs des enfants et à travers les enfants aux parents, ouvrant à nouveau ainsi les lieux de la foi à notre époque.
© Copyright : Librairie Editrice du Vatican Traduction française : Zenit
vendredi 19 septembre 2008
Benoît XVI rencontre les membres du clergé de Bolzano-Bressanone (IV)
Le 6 août dernier, dans le cadre de ses vacances dans le Sud-Tyrol, le pape Benoît XVI a rencontré le clergé du diocèse de Bolzano-Bressanone, dans la cathédrale de Bressanone. Il a répondu aux questions posées par quelques prêtres et séminaristes.
Franz Pixner, doyen à Kastelruth - Saint-Père, je m'appelle Franz Pixner et je suis le curé de deux grandes paroisses. Avec de nombreux collègues ainsi que des laïcs, nous nous occupons de la charge croissante des soins pastoraux à cause, par exemple, des unités pastorales qui se mettent en place : la forte pression du travail, le manque de reconnaissance, les difficultés relatives au magistère, la solitude, la diminution du nombre des prêtres mais également des communautés de fidèles. Beaucoup s'interrogent sur ce que Dieu nous demandent dans ces situations, et par quel moyen le Saint Esprit veut nous encourager. Dans ce contexte surgissent des questions, par exemple en ce qui concerne le célibat des prêtres, l'ordination de viri probati au sacerdoce, l'implication des charismes, en particulier des charismes des femmes, dans la pastorale, l'emploi de collaboratrices et de collaborateurs formés en théologie pour conférer le baptême et tenir des homélies. On se pose également la question : comment nous, prêtres, face aux nouveaux défis, pouvons-nous nous aider réciproquement dans une communauté fraternelle, et cela dans les différents niveaux du diocèse, doyenné, unité pastorale et paroisse ?
Nous vous prions, Saint-Père, de nous donner un bon conseil pour toutes ces questions. Merci !
Benoît XVI - Cher doyen, vous avez abordé une série de questions qui intéressent et inquiètent les pasteurs et nous tous aujourd'hui et vous savez certainement que je ne suis pas en mesure, en ce moment, de répondre à toutes ces questions. J'imagine que vous aurez moyen de réfléchir à plusieurs reprises à tout cela avec votre évêque, et nous, à notre tour, nous en parlerons dans les Synodes des évêques. Nous avons, je crois, tous besoin de ce dialogue entre nous, du dialogue de la foi et de la responsabilité, pour trouver la bonne route pour cette époque qui, sous de nombreux aspects, est difficile pour la foi et fatigante pour les prêtres. Personne n'a de solution toute prête, nous la cherchons tous ensemble.
En tenant compte de cette réserve, je me trouve également parmi vous au milieu de ce processus de fatigue et de lutte intérieure, j'essaierai de dire quelques mots qui ne seront donc qu'une partie d'un dialogue plus large.
Dans ma réponse, je voudrais tenir compte de deux aspects fondamentaux. D'un côté, le caractère irremplaçable du prêtre, le sens et le mode du ministère sacerdotal aujourd'hui ; de l'autre côté - et cela ressort plus aujourd'hui qu'avant - la multiplicité des charismes et le fait que tous ensemble ils sont l'Eglise, ils édifient l'Eglise et que c'est pour cela que nous devons nous employer à réveiller les charismes, que nous devons prendre soin de cet ensemble vivant afin qu'il soutienne ensuite le prêtre. Il soutient les autres, les autres le soutiennent, et ce n'est que dans cet ensemble complexe et diversifié que l'Eglise peut grandir aujourd'hui et vers l'avenir.
D'un côté, on aura toujours besoin du prêtre qui est complètement dévoué au Seigneur et de fait complètement dévoué à l'homme. Dans l'Ancien Testament se trouve l'appel à la sanctification qui correspond plus ou moins à ce que nous entendons par consécration, et également par l'ordination sacerdotale : quelque chose est confié à Dieu et est donc soustrait à la sphère du commun, donné à Lui. Mais cela signifie qu'il est désormais à la disposition de tous. C'est justement parce qu'il a été soustrait et donné à Dieu qu'il n'est plus désormais isolé mais a été soulevé dans le « pour », dans le « pour tous ». Je pense que tout cela peut aussi se dire du sacerdoce de l'Eglise. Cela signifie que, d'un côté, nous sommes confiés au Seigneur, retirés de la sphère du commun, mais, de l'autre, nous sommes confiés à Lui pour que de cette manière nous puissions Lui appartenir totalement et totalement appartenir aux autres. Je pense que nous devrions sans cesse chercher à montrer cela aux jeunes - qui sont idéalistes, qui veulent faire quelque chose pour l'ensemble - montrer que c'est justement cette « extraction hors de la sphère commune » qui signifie « don à l'ensemble » et que cela est une manière importante, la manière la plus importante pour servir ses frères. Le fait de se mettre à la disposition du Seigneur vraiment dans la totalité de son être et donc de se trouver totalement à la disposition des hommes fait aussi partie de cela. Je pense que le célibat est une expression fondamentale de cette totalité et déjà pour cela un grand rappel dans ce monde, parce qu'il n'a de sens que si nous croyons vraiment à la vie éternelle et si nous croyons que Dieu nous engage et que nous pouvons répondre à son appel.
Par conséquent, le sacerdoce est irremplaçable parce que dans l'eucharistie, en partant de Dieu, il édifie toujours l'Eglise, parce que dans le sacrement de la pénitence il nous confère toujours la purification, parce que dans le sacrement, le sacerdoce est justement un engagement dans le « pour » de Jésus Christ. Mais je sais parfaitement combien il est aujourd'hui difficile - quand un prêtre se retrouve à gérer non plus une paroisse de gestion facile, mais plusieurs paroisses ou unités pastorales ; quand il doit être à la disposition de tel et tel conseil, etc. - combien il est difficile de vivre une telle vie. Je crois que dans cette situation, il est important d'avoir le courage de se limiter et la clarté pour décider de ses priorités. Une priorité fondamentale de l'existence sacerdotale est d'être avec le Seigneur et donc d'avoir le temps pour la prière. Saint Charles Borromée disait toujours : « Tu ne pourras pas soigner l'âme des autres si tu laisses la tienne dépérir. A la fin, tu ne feras plus rien, pas même pour les autres. Tu dois avoir du temps pour toi pour être avec Dieu ». Je voudrais donc souligner ceci : quel que soit le nombre d'engagements qui se superposent, c'est une vraie priorité de trouver chaque jour, je dirais, une heure de temps pour rester en silence pour le Seigneur et avec le Seigneur, comme l'Eglise nous propose de le faire avec le bréviaire, avec les prières du jour, pour pouvoir ainsi s'enrichir toujours de nouveau intérieurement, pour retourner - comme je le disais dans ma réponse à la première question - dans le rayon du souffle de l'Esprit Saint. Et à partir de cela, trier ses priorités : je dois apprendre à voir ce qui est vraiment essentiel, voir où ma présence en tant que prêtre est absolument indispensable, là où je ne peux pas déléguer quelqu'un d'autre. Et dans le même temps, je dois accepter avec humilité, là où j'ai beaucoup de choses à faire, là où ma présence est requise, que je ne peux pas y arriver parce que je reconnais mes limites. Je crois qu'une telle humilité sera comprise par les autres.
Et je dois maintenant lier cela à l'autre aspect : savoir déléguer, demander aux gens de collaborer. J'ai l'impression que les gens comprennent et même apprécient quand un prêtre est avec Dieu, quand il s'occupe de sa charge d'être celui qui prie pour les autres : nous - disent-ils - ne sommes pas capables de prier autant, tu dois le faire pour moi ; au fond, c'est ton métier, d'une certaine manière, d'être celui qui prie pour nous. Ils veulent un prêtre qui s'engage honnêtement à vivre avec le Seigneur et qui soit ensuite à la disposition des hommes - des personnes qui souffrent, des personnes à l'article de la mort, des enfants, des jeunes (ceux-là, je dirais, sont les priorités) - mais qui sache également distinguer les choses que d'autres peuvent faire mieux que lui, en faisant place à ces charismes. Je pense aux mouvements et aux multiples autres formes de collaboration dans les paroisses. On réfléchit ensemble à tout cela dans le diocèse également, on crée des formes et on promeut les échanges. Vous avez raison de dire qu'il est important de voir au-delà de la paroisse vers la communauté du diocèse, voire même, vers la communauté de l'Eglise universelle, qui à son tour, doit tourner son regard pour voir ce qui se passe dans une paroisse et quelles sont les conséquences pour chaque prêtre.
Vous avez également abordé un autre point, très important à mes yeux : les prêtres, même s'ils vivent dans des lieux géographiquement éloignés les uns des autres, sont une vraie communauté de frères qui doivent se soutenir et s'aider réciproquement. Cette communion entre les prêtres est aujourd'hui plus importante que jamais. C'est justement pour ne pas tomber dans l'isolement, dans la solitude et son cortège de tristesses, qu'il est important de pouvoir se rencontrer régulièrement. Il est du devoir du diocèse de voir comment organiser au mieux les rencontres entre prêtres - la voiture facilite aujourd'hui beaucoup les déplacements - afin que nous expérimentions toujours à nouveau, quoi qu'il arrive, le fait d'être ensemble, que nous apprenions les uns des autres, que nous nous encouragions et que nous nous aidions réciproquement, que nous nous donnions du cœur à l'ouvrage et que nous nous réconfortions, afin que dans cette communion du presbyterium, avec notre évêque, nous puissions rendre notre service dans l'Eglise locale. Et précisément, aucun prêtre n'est prêtre seul, nous sommes une communauté et ce n'est que dans cette communion avec l'évêque que chacun peut prêter son service. Maintenant, cette belle communion, reconnue par tous sur le plan théologique doit ensuite également se traduire en pratique, d'une manière déterminée par l'Eglise locale. Et elle doit s'élargir, parce qu'aucun évêque n'est évêque seul, mais seulement évêque dans le collège, dans la grande communion des évêques. C'est cette communion pour laquelle nous voulons toujours nous engager. Et je pense que cela est un aspect particulièrement beau du catholicisme : à travers le primat, qui n'est pas une monarchie absolue, mais un service de communion, nous pouvons avoir la certitude de cette unité, de manière à ce que dans une grande communauté à tant de voix, toutes ensembles fassent résonner la grande musique de la foi dans ce monde.
Prions le Seigneur qu'il nous réconforte toujours quand nous pensons ne plus y arriver ; soutenons-nous les uns les autres, ce n'est qu'alors que le Seigneur nous aidera à trouver ensemble les voies justes.
Source: http://zenith.org
samedi 13 septembre 2008
Benoît XVI:« Rien ne remplacera jamais une Messe pour le Salut du monde !"
PARIS, Samedi 13 septembre 2008 (ZENIT.org) - « N'ayez pas peur ! » : Benoît XVI a appelé les « jeunes » et les « moins jeunes » que Dieu appelle au sacerdoce, à lui répondre avec joie : « ne laissez pas l'appel du Christ sans réponse ». Il demande aussi à tous les catholiques présents de retrouver une grande vénération pour l'Eucharistie.
Le pape a lancé ces deux appels dans son homélie à Paris, ce samedi 13 septembre, sur l'esplanade des Invalides, en présence de quelque 260.000 personnes.
« Ici, chers fidèles de Paris et de la région parisienne, mais vous aussi qui êtes venus de la France entière et d'autres pays limitrophes, permettez-moi de lancer un appel confiant en la foi et en la générosité des jeunes qui se posent la question de la vocation religieuse ou sacerdotale : n'ayez pas peur ! N'ayez pas peur de donner votre vie au Christ », a dit le pape.
Benoît XVI venait d'inviter les fidèles à la vénération de l'Eucharistie en disant : « Frères et sœurs, entourons de la plus grande vénération le sacrement du Corps et du Sang du Seigneur, le Très Saint-Sacrement de la présence réelle du Seigneur à son Eglise et à toute l'humanité. Ne négligeons rien pour lui manifester notre respect et notre amour ! Donnons-lui les plus grandes marques d'honneur ! »
Plus encore, citant saint Jean Chrysostome, le grand liturge de l'Orient chrétien, dont c'est aujourd'hui la fête liturgique, le pape ajoutait cette exhortation : « Par nos paroles, nos silences et nos gestes n'acceptons jamais de laisser s'affadir en nous et autour de nous la foi dans le Christ ressuscité présent dans l'Eucharistie ! »
A ceux que Dieu appelle au sacerdoce, le pape disait encore combien le ministère du prêtre est indispensable : « Rien ne remplacera jamais une Messe pour le Salut du monde ! Chers jeunes ou moins jeunes qui m'écoutez, ne laissez pas l'appel du Christ sans réponse. Saint Jean Chrysostome, dans son « Traité sur le sacerdoce », a montré combien la réponse de l'homme pouvait être lente à venir, cependant, il est l'exemple vivant de l'action de Dieu au cœur d'une liberté humaine qui se laisse façonner par sa grâce ».
A ceux qui « acceptent de se laisser saisir » par le Christ, le pape disait encore : « Dans cette espérance indéfectible de la présence réelle de Dieu à chacune de nos âmes, dans cette joie de savoir que le Christ est avec nous jusqu'à la fin des temps, dans cette force que l'Esprit Saint donne à tous ceux et à toutes celles qui acceptent de se laisser saisir par lui, je vous confie, chers chrétiens de paris et de France, à l'action puissante et miséricordieuse du Dieu d'amour qui est mort pour nous sur la croix et ressuscité au matin de Pâques ».
Benoît XVI aux jeunes réunis à Notre-Dame de Paris
Vous trouverez ci-dessous le discours que le pape Benoît XVI a adressé aux jeunes réunis sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame, à Paris, le vendredi 12 septembre 2008 :.
Chers jeunes,
Après le recueillement priant des Vêpres à Notre-Dame, c'est avec enthousiasme que vous me saluez ce soir, donnant ainsi un caractère festif et très sympathique à cette rencontre. Elle me rappelle celle inoubliable de juillet dernier à Sydney, à laquelle certains d'entre vous ont participé à l'occasion de la Journée Mondiale de la Jeunesse. Ce soir, je voudrais vous parler de deux points profondément liés l'un à l'autre, qui constituent un véritable trésor où vous pourrez mettre votre cœur (cf. Mt 6, 21).
Le premier se rapporte au thème choisi pour Sydney. Il est aussi celui de votre veillée de prière qui va débuter dans quelques instants. Il s'agit d'un passage tiré des Actes des Apôtres, livre que certains appellent fort justement l'Évangile du Saint Esprit : « Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins » (Ac 1, 8). Le Seigneur vous le dit à vous maintenant. Sydney a fait redécouvrir à de nombreux jeunes l'importance de l'Esprit Saint, dans notre vie, dans la vie du chrétien. L'Esprit nous met intimement en rapport avec Dieu, chez qui se trouve la source de toute richesse humaine authentique. Tous, vous cherchez à aimer et à être aimés ! C'est vers Dieu que vous devez vous tourner pour apprendre à aimer et pour avoir la force d'aimer. L'Esprit, qui est Amour, peut ouvrir vos cœurs pour recevoir le don de l'amour authentique. Tous, vous cherchez la vérité et vous voulez en vivre, en vivre réellement ! Cette vérité, c'est le Christ. Il est le seul Chemin, l'unique Vérité et la vraie Vie. Suivre le Christ signifie véritablement « prendre le large », comme le disent à plusieurs reprises les Psaumes. La route de la Vérité est en même temps une et multiple, selon les divers charismes de chacun, tout comme la Vérité est une et à la fois d'une richesse inépuisable. Confiez-vous à l'Esprit Saint pour découvrir le Christ. L'Esprit est le guide nécessaire de la prière, l'âme de notre espérance et la source de la vraie joie.
Pour approfondir ces vérités de foi, je vous encourage à méditer la grandeur du sacrement de la Confirmation que vous avez reçu et qui vous introduit dans une vie de foi adulte. Il est urgent de mieux comprendre ce sacrement pour vérifier la qualité et la profondeur de votre foi et pour l'affermir. L'Esprit Saint vous fait approcher du Mystère de Dieu et vous fait comprendre qui est Dieu. Il vous invite à voir dans votre prochain, le frère que Dieu vous a donné pour vivre avec lui en communion, humainement et spirituellement, pour vivre en Église, donc. En vous révélant qui est le Christ, mort et ressuscité pour nous, Il vous pousse à témoigner. Vous êtes à l'âge de la générosité. Il est urgent de parler du Christ autour de vous, à vos familles et à vos amis, sur vos lieux d'études, de travail ou de loisirs. N'ayez pas peur ! Ayez « le courage de vivre l'évangile et l'audace de le proclamer » (Message aux jeunes du Monde, 20 juillet 2007). Pour cela, je vous encourage à avoir les mots qu'il faut pour annoncer Dieu autour de vous, appuyant votre témoignage sur la force de l'Esprit demandé dans la prière. Portez la Bonne Nouvelle aux jeunes de votre âge et aussi aux autres. Ils connaissent les turbulences des affections, le souci et l'incertitude face au travail et aux études. Ils affrontent des souffrances et ils font l'expérience de joies uniques. Témoignez de Dieu, car, en tant que jeunes, vous faites pleinement partie de la communauté catholique en vertu de votre baptême et en raison de la commune profession de foi (cf. Ep 4, 5). L'Église vous fait confiance, je tiens à vous le dire !
En cette année dédiée à saint Paul, je voudrais vous confier un second trésor, qui était au centre de la vie de cet Apôtre fascinant. Il s'agit du mystère de la Croix. Dimanche, à Lourdes, je célèbrerai la fête de la Croix Glorieuse en me joignant à d'innombrables pèlerins. Beaucoup d'entre vous portent autour de leur cou une chaîne avec une croix. Moi aussi, j'en porte une, comme tous les Évêques d'ailleurs. Ce n'est pas un ornement, ni un bijou. C'est le symbole précieux de notre foi, le signe visible et matériel du ralliement au Christ. Saint Paul parle clairement de la croix au début de sa première Lettre aux Corinthiens. A Corinthe, vivait une communauté agitée et turbulente qui était exposée aux dangers de la corruption de la vie ambiante. Ces dangers sont semblables à ceux que nous connaissons aujourd'hui. Je ne citerais que les suivants: les querelles et les luttes au sein de la communauté des croyants, la séduction offerte par de pseudo sagesses religieuses ou philosophiques, la superficialité de la foi et la morale dissolue. Saint Paul débute sa Lettre en écrivant : « Le langage de la croix est folie pour ceux qui vont vers leur perte, mais pour ceux qui vont vers le salut, pour nous, il est puissance de Dieu » (1 Co 1,18). Puis l'Apôtre montre l'opposition singulière qui existe entre la sagesse et la folie, selon Dieu et selon les hommes. Il en parle lorsqu'il évoque la fondation de l'Église à Corinthe et au sujet de sa propre prédication. Il conclut en insistant sur la beauté de la sagesse de Dieu que le Christ et, à sa suite, ses Apôtres sont venus enseigner au monde et aux chrétiens. Cette sagesse, mystérieuse et demeurée cachée (cf. 1 Co 2, 7), nous a été révélée par l'Esprit car « l'homme qui n'a que ses forces d'homme ne peut pas saisir ce qui vient de l'Esprit de Dieu ; pour lui ce n'est que folie, et il ne peut pas comprendre, car c'est par l'Esprit qu'on en juge » (1 Co 2, 14).
L'Esprit ouvre l'intelligence humaine à de nouveaux horizons qui la dépassent et lui fait comprendre que l'unique vraie sagesse réside dans la grandeur du Christ. Pour les chrétiens, la Croix symbolise la sagesse de Dieu et son amour infini révélé dans le don salvifique du Christ mort et ressuscité pour la vie du monde, pour la vie de chacun et de chacune d'entre vous en particulier. Puisse cette découverte bouleversante de Dieu qui s'est fait homme par amour vous inviter à respecter et à vénérer la Croix ! Elle est non seulement le signe de votre vie en Dieu et de votre salut, mais elle est aussi - vous le comprenez - le témoin muet des douleurs des hommes et, en même temps, l'expression unique et précieuse de toutes leurs espérances. Chers jeunes, je sais que vénérer la Croix attire aussi parfois la raillerie et même la persécution. La Croix compromet en quelque sorte la sécurité humaine, mais elle affermit, aussi et surtout, la grâce de Dieu et confirme notre salut. Ce soir, je vous confie la Croix du Christ.
L'Esprit Saint vous en fera comprendre les mystères d'amour et vous crierez alors avec Saint Paul : « Pour moi, que la croix de notre Seigneur Jésus Christ reste mon seul orgueil. Par elle, le monde est à jamais crucifié pour moi, comme moi pour le monde » (Gal 6, 14). Paul avait compris la parole de Jésus - apparemment paradoxale - selon laquelle c'est seulement en donnant («en perdant ») sa propre vie qu'on peut la trouver (cf. Mc 8, 35 ; Jn 12, 24) et il en avait conclu que la Croix exprime la loi fondamentale de l'amour et est la formulation parfaite de la vraie vie. Puisse l'approfondissement du mystère de la Croix faire découvrir à certains d'entre vous l'appel à servir le Christ de manière plus totale dans la vie sacerdotale ou religieuse !
Il est temps maintenant de commencer la veillée de prière pour laquelle vous vous êtes rassemblés ce soir. N'oubliez pas les deux trésors que le Pape vous a présentés ce soir : l'Esprit Saint et la Croix ! Je voudrais, pour conclure vous dire encore une fois que je vous fais confiance, chers jeunes, et je voudrais que vous éprouviez aujourd'hui et demain l'estime et l'affection de l'Église, et le monde verra ainsi l'Église vivante ! Que Dieu vous accompagne chaque jour et qu'Il vous bénisse ainsi que vos familles et vos amis.
Bien volontiers, je vous donne la Bénédiction Apostolique ainsi qu'à tous les jeunes de France.
Merci pour votre foi et bonne veillée.
jeudi 11 septembre 2008
Benoît XVI rencontre les membres du clergé de Bolzano-Bressanone (III)
ROME, Lundi 25 août 2008 (ZENIT.org) - Le 6 août dernier, dans le cadre de ses vacances dans le Sud-Tyrol, le pape Benoît XVI a rencontré le clergé du diocèse de Bolzano-Bressanone, dans la cathédrale de Bressanone. Il a répondu aux questions posées par quelques prêtres et séminaristes.
Dans cette troisième question, le pape se penche sur la question de la maladie et de la souffrance et dans la quatrième, il évoque le respect de la création.
Willi Fusaro - Très Saint-Père, je suis le père Willi Fusaro, j'ai 42 ans et je suis tombé malade l'année de mon ordination sacerdotale. J'ai été ordonné au mois de juin 1991; puis en septembre de la même année il m'a été diagnostiqué une sclérose multiple. Je suis coopérateur paroissial auprès de la paroisse du Corpus Domini de Bolzano. La figure de Jean-Paul II m'a beaucoup frappé, surtout dans la dernière période de son pontificat, lorsqu'il portait avec courage et humilité, devant le monde entier, sa faiblesse humaine.
Etant donné votre proximité avec votre bien-aimé prédécesseur, et sur la base de votre expérience personnelle, quelles paroles pouvez-vous m'offrir et offrir à chacun de nous pour aider véritablement les prêtres âgés, malades, à bien vivre de manière féconde leur sacerdoce au sein du presbyterium et de la communauté chrétienne ? Merci !
Benoît XVI - Merci. Je dirais moi aussi qu'à mon avis les deux parties du pontificat de Jean-Paul II sont tout aussi importantes. La première partie au cours de laquelle nous l'avons vu en géant de la foi, avec un courage incroyable, une force extraordinaire, une véritable joie dans la foi, une grande lucidité, il a porté jusqu'aux confins de la terre le message de l'Evangile. Il a parlé avec tous, il a ouvert de nouvelles voies avec les Mouvements, avec le dialogue interreligieux, avec les rencontres œcuméniques, avec l'approfondissement de l'écoute de la Parole divine, avec tout... avec son amour pour la Sainte liturgie. Il a réellement - nous pouvons le dire - abattu non les murs de Jéricho, mais les murs entre deux mondes, avec la force de sa foi, et ce témoignage demeure inoubliable, il reste une lumière pour ce nouveau millénaire.
Mais selon moi, les dernières années de son pontificat n'étaient pas moins importantes, en raison de cet humble témoignage de sa passion. Comment il a porté la Croix du Seigneur devant nous et réalisé la Parole du Seigneur : « Suivez-moi, en portant avec moi, et derrière moi, la Croix » ! Cette humilité, cette patience avec laquelle il a accepté la quasi destruction de son corps, sa croissante incapacité à utiliser la parole, lui qui avait été un maître de la parole. Et ainsi il nous a montré - me semble-t-il - de manière visible, cette vérité profonde que le Seigneur nous a racheté avec sa Croix, avec la Passion comme acte d'amour extrême. Il nous a montré que la souffrance n'est pas seulement un « ne pas », quelque chose de négatif, l'absence de quelque chose, mais une réalité positive. Que la souffrance acceptée dans l'amour du Christ, dans l'amour de Dieu et des autres est une force rédemptrice, une force de l'amour tout aussi puissante que les grandes actions qu'il avait accomplies dans la première partie de son pontificat. Il nous a enseigné un nouvel amour pour les personnes qui souffrent et fait comprendre ce que veut dire : « dans la Croix et par la Croix nous sommes sauvés ». Dans la vie du Seigneur également nous trouvons ces deux aspects. La première partie, lorsqu'il enseigne la joie du Royaume de Dieu, porte ses dons aux hommes puis, dans la seconde partie, l'entrée dans la Passion, jusqu'au dernier cri sur la Croix. Et ainsi il nous a enseigné qui est Dieu, que Dieu est amour et qu'en s'identifiant avec notre souffrance d'êtres humains il nous prend entre ses mains et nous fait entrer dans son amour et seul l'amour est le bain de la rédemption, de la purification et de la renaissance.
C'est pourquoi il me semble que nous tous - et toujours à nouveau dans un monde qui vit d'hyper-activité, de jeunesse, d'être jeune, fort, beau, de réussir à faire de grandes choses - nous devons apprendre la vérité de l'amour qui se fait passion et rachète ainsi l'homme et l'unit avec Dieu amour. Je voudrais donc remercier tous ceux qui acceptent la souffrance, qui souffrent avec le Seigneur et je voudrais nous encourager tous à avoir un cœur ouvert à l'égard des personnes qui souffrent, des personnes âgées, et à comprendre que leur passion est précisément une source de renouveau pour l'humanité et crée en nous l'amour et nous unit au Seigneur. Mais à la fin, il est toujours difficile de souffrir. Je me souviens de la sœur du cardinal Mayer. Elle était très malade, et il lui disait quand elle s'impatientait : « Mais vois-tu, tu es à présent avec le Seigneur ». Et elle répondit : « Pour toi c'est facile de dire cela, parce que tu es en bonne santé, mais moi je suis dans la passion ». C'est vrai, dans la passion vraie il devient toujours difficile de s'unir réellement au Seigneur et de demeurer dans cette disposition d'union avec le Seigneur qui souffre. Prions donc pour toutes les personnes qui souffrent et faisons tout ce que nous pouvons pour les aider, montrons notre gratitude pour leur souffrance et assistons-les autant que nous le pouvons, avec un grand respect pour la valeur de la vie humaine, précisément de la vie qui souffre jusqu'à la fin. C'est un message fondamental du christianisme, qui vient de la théologie de la Croix : que la souffrance, la passion, est présence de l'amour du Christ, est un défi pour nous à nous unir à sa passion. Nous devons aimer les personnes qui souffrent non seulement par les paroles, mais également avec toute notre action et notre engagement. Il me semble que c'est la seule manière d'être réellement chrétien. J'ai écrit dans mon Encyclique Spe salvi que la capacité d'accepter la souffrance et les personnes qui souffrent est une mesure de notre propre humanité. Lorsque cette capacité fait défaut, l'homme se trouve réduit et redimensionné. Prions donc le Seigneur pour qu'il nous aide dans notre souffrance et nous aide à être proches de toutes les personnes qui souffrent dans ce monde.
Karl Golser - Très Saint-Père ! Je m'appelle Karl Golser, je suis professeur de théologie morale ici à Bressanone et directeur de l'Institut pour la justice, la paix et la protection de la création, et également chanoine. Je me souviens avec plaisir de la période où j'ai pu travailler avec vous à la Congrégation pour la doctrine de la foi.
Comme vous le savez, l'Eglise catholique a forgé en profondeur l'histoire et la culture de notre pays. Toutefois aujourd'hui, nous avons parfois l'impression que, en tant qu'Eglise, nous nous sommes un peu retirés dans la sacristie. Les déclarations du magistère pontifical sur les grandes questions sociales ne trouvent pas l'écho nécessaire au niveau des paroisses et des communautés ecclésiales.
Ici, dans le Haut-Adige, par exemple, les autorités et de nombreuses associations attirent fortement l'attention sur les problèmes environnementaux et en particulier sur les changements climatiques : les thèmes principaux sont la fonte des glaciers, les éboulements en montagne, les problèmes liés au coût de l'énergie, à la circulation et à la pollution atmosphérique. Il y a de nombreuses initiatives en faveur de la protection de l'environnement.
Dans la conscience moyenne de nos chrétiens, toutefois, tout cela a bien peu de chose à voir avec la foi. Que pouvons-nous faire pour renforcer davantage dans la vie des communautés chrétiennes le sens de notre responsabilité à l'égard de la création ? Comment pouvons-nous arriver à envisager toujours davantage ensemble la Création et la Rédemption ? Comment pouvons-nous vivre de manière exemplaire un style de vie chrétien qui soit durable ? Et comment unir celui-ci à une qualité de vie, qui soit attrayante pour tous les hommes de notre terre ?
Benoît XVI - Je vous remercie beaucoup cher professeur Golser : vous pourriez assurément répondre mieux que moi à ces questions, mais j'essaierai tout de même de dire quelque chose. Vous avez ainsi abordé le thème de la création et de la rédemption et je pense que ce lien indissoluble doit faire l'objet d'une attention renouvelée. Au cours des dernières décennies, la doctrine de la création avait presque disparu en théologie, elle était presque imperceptible. A présent nous nous apercevons des dégâts que cela a provoqués. Le rédempteur est le créateur et si nous n'annonçons pas Dieu dans cette grandeur totale qui est la sienne - de créateur et de rédempteur - nous dévalorisons également la rédemption. En effet, si Dieu n'a rien à dire dans la création, s'il est relégué simplement dans un domaine de l'histoire, comment peut-il réellement comprendre toute notre vie ? Comment pourra-t-il apporter réellement le salut à l'homme dans sa plénitude et au monde dans sa totalité ? Voilà pourquoi, selon moi, le renouveau de la doctrine de la création et une nouvelle compréhension de l'indissolubilité de la création et de la rédemption revêtent une très grande importance. Nous devons le reconnaître à nouveau : Il est le creator Spiritus, la Raison qui est au commencement et dont toute chose naît et dont notre propre raison n'est qu'une étincelle. Et c'est Lui, le créateur lui-même, qui est également entré dans l'histoire et peut entrer dans l'histoire et opérer en elle précisément parce qu'il est le Dieu de l'ensemble et non seulement d'une partie. Si nous reconnaissons cela, il s'ensuivra bien sûr que la rédemption, le fait d'être chrétiens, la foi chrétienne tout simplement, signifieront toujours et quoi qu'il en soit aussi une responsabilité à l'égard de la création. Il y a vingt ou trente ans, on accusait les chrétiens - je ne sais pas si l'on soutient encore une telle accusation - d'être les vrais responsables de la destruction de la création, parce que la parole contenue dans la Genèse - « Soumettez la terre » - aurait conduit à l'arrogance à l'égard de la création dont nous constatons aujourd'hui les conséquences. Je pense que nous devons à nouveau apprendre à comprendre combien est fausse cette accusation : tant que la terre a été considérée comme la création de Dieu, la tâche de la « soumettre » n'a jamais été comprise comme le commandement de la rendre esclave, mais plutôt comme le devoir d'être les gardiens de la création et d'en développer les dons, de collaborer nous-mêmes de manière active à l'œuvre de Dieu, à l'évolution qu'il a placée dans le monde, afin que les dons de la création soient mis en valeur et non piétinés et détruits.
Si nous observons ce qui est né autour des monastères, comment dans ces lieux sont nés et continuent de naître de petits paradis, des oasis de la création, on constate que toutes ces choses ne sont pas seulement des mots, mais là où la Parole du Créateur a été comprise de manière correcte, où il y a eu une vie avec le créateur rédempteur, on s'est efforcé de sauver la création et non de la détruire. C'est également dans ce contexte que s'inscrit le chapitre 8 de la Lettre aux Romains, où on dit que la création souffre et gémit de la soumission dans laquelle elle se trouve et qu'elle attend la révélation des fils de Dieu : elle se sentira libérée lorsque viendront des créatures, des hommes qui sont des fils de Dieu et qui la traiteront en partant de Dieu. Je crois que c'est précisément la réalité que nous pouvons constater aujourd'hui : la création gémit - nous le percevons, nous l'entendons presque - et attend des personnes humaines qui la regardent en partant de Dieu. La consommation brutale de la création commence là où Dieu est absent, là où la matière est désormais pour nous uniquement matérielle, là où nous sommes nous-mêmes les dernières instances, où le tout est simplement notre propriété, que nous consommons uniquement pour nous-mêmes. Et le gaspillage des ressources de la création commence là où nous ne reconnaissons plus aucune instance au-dessus de nous, mais ne voyons plus que nous-mêmes ; il commence là où il n'existe plus aucune dimension de la vie au-delà de la mort, où dans cette vie nous devons nous accaparer tout et posséder la vie avec la plus grande intensité possible, où nous devons posséder tout ce qu'il est possible de posséder.
Je crois donc que des instances vraies et efficaces contre le gaspillage et la destruction de la création ne peuvent être réalisées et développées, comprises et vécues que là où la création est considérée en partant de Dieu ; là où la vie est considérée en partant de Dieu et a des dimensions plus grandes - dans la responsabilité devant Dieu - et un jour elle nous sera donnée par Dieu en plénitude et jamais ôtée : en donnant la vie, nous la recevons.
Ainsi, selon moi, nous devons tenter par tous les moyens à notre disposition de présenter la foi en public, en particulier là où il y existe déjà une sensibilité vis-à-vis de la foi. Et je pense que la sensation que le monde est peut-être en train de nous échapper - parce que nous-mêmes le laissons s'échapper - et le fait de s'inquiéter des problèmes de la création, tout cela donne justement à notre foi l'occasion appropriée de parler publiquement et de se faire valoir comme instance de proposition. En effet, il ne s'agit pas seulement de trouver des techniques qui préviennent les dommages, même s'il est important de trouver des énergies alternatives, entre autres. Mais tout cela ne sera pas suffisant si nous-mêmes ne trouvons pas un nouveau style de vie, une discipline faite également de renoncements, une discipline de la reconnaissance des autres, auxquels la création appartient autant qu'à nous qui pouvons en disposer plus facilement ; une discipline de la responsabilité à l'égard de l'avenir des autres et de notre propre avenir, parce que c'est une responsabilité devant Celui qui est notre Juge et en tant que Juge est Rédempteur, mais aussi véritablement notre Juge.
Je pense donc qu'il est nécessaire de mettre en tout cas ensemble les deux dimensions - création et rédemption, vie terrestre et vie éternelle, responsabilité à l'égard de la création et responsabilité à l'égard des autres et de l'avenir - et qu'il est de notre devoir d'intervenir ainsi de manière claire et décidée dans l'opinion publique. Pour être écoutés nous devons dans le même temps montrer par notre exemple, par notre style de vie, que nous parlons d'un message auquel nous croyons et selon lequel il est possible de vivre. Et nous voulons demander au Seigneur qu'il nous aide tous à vivre la foi, la responsabilité de la foi de manière que notre style de vie devienne un témoignage, et à parler de telle façon que nos paroles portent de manière crédible la foi comme orientation pour notre époque.
© Copyright : Librairie Editrice du Vatican
Traduction française : Zenit


















