mardi 13 octobre 2009
Une vie donnée pour le Christ : Jeanne Jugan
Jeanne Jugan, Soeur Marie de la Croix dans la vie religieuse,
a été canonisée le 10 octobre.
InXL6 vous propose de découvrir la vie
de cette nouvelle sainte Française.
Née à Cancale, en Ille-et-Vilaine (France), au hameau des Petites Croix, le 25 octobre 1792, Jeanne Jugan est baptisée le jour même à l'église Saint-Méen en pleine tourmente révolutionnaire. Son père, marin comme la plupart des hommes de son pays, est à la grande pêche à Terre-Neuve. Quatre ans plus tard, il disparaît en mer. Sa mère reste seule pour élever les 4 enfants (4 sont décédés en bas âge). Pour aider la famille, Jeanne à l’âge de 16 ans part comme aide cuisinière dans un manoir proche de Cancale.
Elle y reste jusqu'à l'âge de 25 ans, puis quitte la maison familiale pour Saint-Servan où elle travaille comme aide infirmière à l'hôpital du Rosais. A la demande en mariage d'un jeune marin, elle avait répondu :"Dieu me veut pour lui, il me garde pour une oeuvre qui n'est pas encore fondée".
Jeanne Jugan ne veut que servir Dieu et les autres, les pauvres, surtout les plus faibles, les plus démunis, fidèle à l'idéal de configuration à Jésus par Marie qu'enseigne saint Jean Eudes aux membres du Tiers-Ordre de la Mère Admirable, association qu'elle rejoint vers l'âge de 25 ans.
Un soir d'hiver de 1839, elle ouvre son logis et son coeur à une vieille femme aveugle, à demi paralysée, réduite brusquement à la solitude. Jeanne lui donne son lit… Ce geste l'engage à tout jamais. Une seconde vieille femme suivra, puis une troisième… En 1843, elles seront quarante avec, autour de Jeanne, trois jeunes compagnes. Ces dernières l'ont choisie comme supérieure de leur petite association qui s'achemine vers une vraie vie religieuse.
Mais bientôt Jeanne Jugan sera destituée de cette charge, réduite à la simple activité de quêteuse, rude tâche dont elle est l'initiatrice, encouragée dans cette démarche de charité et de partage par les Frères de Saint Jean-de-Dieu. A l'injustice, Jeanne ne répond que par le silence, la douceur, l'abandon. Sa foi et son amour découvrent dans cette mesure le chemin de Dieu pour elle et pour sa famille religieuse.
Au fil des années, l'ombre s'étend de plus en plus sur Jeanne Jugan. Les débuts de son oeuvre sont falsifiés. Elle vit 27 ans de mise à l'écart (1852 à 1879), quatre à la maison de Rennes, et les vingt-trois dernières années de sa longue vie à La Tour St Joseph, maison mère de la Congrégation des Petites Soeurs des Pauvres depuis 1856.
À sa mort, le 29 août 1879, elle a 86 ans, peu de Petites Soeurs savent qu'elle est la fondatrice mais son influence près des jeunes postulantes et novices, dont elle a partagé la vie ces vingt-sept années durant, aura été décisive. En ce contact prolongé, le charisme initial a passé, l'esprit des origines s'est transmis.
Et peu à peu, la lumière va se faire… Dès 1902, la vérité commence à se dévoiler : Jeanne Jugan, Soeur Marie de la Croix, morte dans l'oubli un quart de siècle auparavant, n'est pas la troisième Petite Soeur, comme on l'a laissé croire, mais la première, la Fondatrice !
Source : Petites Soeurs des Pauvres
(Vu sur http://www.inxl6.org/article3649.php
)
mercredi 25 février 2009
Le jour des cendres est l’annonce de la Pâque
« … Oui, recevoir les cendres signifie prendre conscience que le feu de l’amour de Dieu consume nos péchés ; consumés par la miséricorde de Dieu, « ils sont de peu de poids » ; regarder ces cendres signifie confirmer notre foi pascale : un jour nous serons cendre, poussière , mais destinée à la résurrection. Oui, dans notre Pâque, notre chair ressuscitera et la miséricorde de Dieu, comme un feu, consumera nos péchés dans la mort.
En vivant le mercredi des Cendres, les chrétiens ne font rien d’autre que réaffirmer leur foi dans la réconciliation avec Dieu en Christ, leur espérance d’être un jour ressuscités avec le Christ pour le vie éternelle, leur vocation à la charité qui n’aura jamais de fin. Le jour des cendres est l’annonce de la Pâque, pour chacun de nous. »
Enzo Bianchi, Donner sens au temps, Bayard (2004)
« Que faire pour le Carême ? » : 10 conseils
Souvent des fidèles catholiques se demandent : « Que faire pour le Carême ? »
Avec le bon sens qu’on lui connaît, le Cardinal DANNEELS donnait l'an passé 10 conseils pratiques à titre d’exemple (paru dans Pastoralia de février 2007). Il y ajoutait cependant, tel un avertissement : « Ci-joint dix règles pour un bon Carême. Mais elles ne signifient rien, si elles ne nous rapprochent pas de Dieu et des hommes. Ou si elles nous rendent tristes. Ce temps doit nous rendre plus légers et plus joyeux. »
Cardinal DANNEELS
http://www.cathobel.be/files/s2/PDF/Careme2007.pdf
Souvent des fidèles catholiques se demandent : « Que faire pour le Carême ? »
jeudi 1 janvier 2009
Le Cardinal Danneels : « Dieu a le sourire ce soir »
En écho à la rencontre de Taizé à Bruxelles, la méditation du cardinal Danneels le soir du 30 décembre:
Nous sommes plus de six milliards sur cette planète et Dieu nous demande d’y vivre ensemble. Nous n’y arrivons pas. Mais ce soir, Dieu nous regarde et Il se réjouit. Oui, Dieu se réjouit de voir cette parabole vivante d’une humanité nouvelle que nous sommes. Quarante mille jeunes réunis dans la prière, le silence et la paix. Oui Dieu a le sourire ce soir.
Dieu nous donne sa lumière dans les ténèbres qui nous enveloppent. A chacun et chacune de nous, en nous créant, il a donné la lumière de notre intelligence, ce radar intérieur qui ne peut pas ne pas chercher de la vérité. Boussole divine qui ne trompe pas. Car tous nous cherchons la vérité, croyants et incroyants. Mais en plus Il nous donne la lumière de la foi : cette étoile de Bethléem qui brille en cette nuit au-dessus de Bruxelles : c’est Jésus notre lumière. Eclaire Seigneur notre intelligence et ravive notre foi.
Mais en ces temps difficiles, il nous faut surtout l’espérance. L’espérance n’est pas le fruit d’un optimisme naturel. Non, il y a trop de désespoir en ce monde pour que nous puissions nous contenter d’un simple caractère heureux ou d’une bonne humeur naturelle. Il nous faut une espérance divine, fondée sur des promesses dont Dieu se porte garant. L’espérance est le muscle cardiaque de notre âme. Elle ne connaît pas d’infarctus. Seigneur donne-nous l’espérance : donne-nous Jésus.
Dieu nous donne un cœur pour aimer. Car il ne suffit pas de voir clair par la foi, ni de vivre de l’espérance. Nous avons besoin de la chaleur de l’amour dans un monde froid. Mais qu’est-ce que l’amour, le vrai amour ? C’est avant tout de nous accepter comme nous sommes, remercier Dieu de nous avoir créés ainsi, tels que nous sommes. Car, créés par Dieu, nous sommes bons. L’amour c’est aussi d’accepter les autres comme ils sont, non pas comme nous souhaiterions ou rêverions qu’ils soient. L’amour laisse l’autre tel qu’il est. L’amour est réaliste.
L’amour est toujours premier, il n’attend pas que l’autre nous aime pour commencer ensuite à aimer l’autre. L’amour est toujours premier. Il ne supporte pas de laisser autre chose passer avant. Il n’est pas possessif, il ne met pas la main sur l’autre, Il est offrande de soi, il est d’abord don. Il rend heureux. Comme Jésus a dit : « Il y plus de bonheur à donner qu’à recevoir. »
http://www.taize.fr/fr_article7950.html
lundi 10 novembre 2008
Bernard Podvin, nouveau porte-parole des évêques
Après deux mandats confiés à des femmes – Marie-Caroline de Marliave (2002-2005) puis Élisabeth Cordier (2005-2008) –, les évêques ont choisi un prêtre pour être leur nouveau directeur de la communication. Mgr Bernard Podvin a également été nommé secrétaire général adjoint de la Conférence des évêques de France (CEF), comme l’étaient, quand ils occupaient ce poste de porte-parole des évêques, le P. Stanislas Lalanne (1998-2002) et le P. Jean-Michel di Falco (1987-1995). « Il s’agit d’un ministère », souligne Mgr Podvin, qui compte bien s’inscrire « dans la continuité » de ce service de communication.
Né en 1960 à Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne) et arrivé dans le Nord dès l’enfance, Bernard Podvin a été scolarisé à Lille tout en restant attaché à la « petite commune » d’Ennevelin où vivent ses parents. Après des études en sciences économiques (Paris II), puis à l’École supérieure de journalisme (ESJ) de Lille, Bernard Podvin entre au séminaire. Une façon d’unifier ses « deux passions, pour le Christ et pour la communication ». Plus tard, il obtiendra une licence en sciences religieuses et en théologie, ainsi qu’un diplôme en communication sociale et religieuse et un autre de l’Institut des droits de l’homme de Lyon.
Mgr Bernard Podvin, vicaire épiscopal du diocèse de Lille, a été nommé secrétaire général adjoint de la Conférence des évêques de France et responsable de la communication de la CEF.
Ordonné prêtre pour le diocèse de Lille
Ordonné prêtre pour le diocèse de Lille en 1986, il commence son ministère en quartier populaire, comme vicaire à la paroisse Sainte-Élisabeth de Roubaix et comme aumônier du lycée Baudelaire, toujours à Roubaix. Trois ans plus tard, son évêque d’alors, Mgr Jean Vilnet, l’appelle pour entrer dans l’équipe d’enseignants et d’accompagnateurs spirituels du séminaire de Lille ; il en deviendra le supérieur en 2000. « Une tâche passionnante, au service d’une quarantaine de jeunes et adultes, tous désireux de prendre au sérieux leur appel », explique-t-il. Parallèlement, le P. Podvin est resté enseignant du fait religieux à l’ESJ et membre du conseil pédagogique de cette école dont il parle comme d’un « lieu de bonheur ».
En 2003, Mgr Gérard Defois, nouvel évêque de Lille, lui demande de rejoindre l’Université catholique de Lille : il y est vice-recteur, c’est-à-dire « présent aux décisions au nom de l’Église ». Depuis 2003, Mgr Podvin est aussi vicaire épiscopal à la formation. Toujours tissant les deux fils rouges de sa vie, il a été président de la Fédération nationale de la presse locale chrétienne (de 1998 à 2007) et directeur de la revue Prêtres diocésains depuis 2003. Il prendra ses fonctions en janvier.
Claire LESEGRETAIN dans la Croix, le 10 novembre 2008
(photo Pauline Carpentier).
jeudi 6 novembre 2008
De la formation des séminaristes…
Un texte -en préparation depuis presque 30 ans selon La Croix- a été présenté hier à la presse, au Vatican. Il concerne "l'utilisation de la psychologie dans l'admission et la formation des candidats au sacerdoce". Bien entendu, de nombreux journalistes n’ont pas manqués de relever cette publication, dont ceux d’Europe 1. Ces derniers m’ont même interviewé pour connaitre ma réaction.
Quand on écoute le reportage (vers les 8 minutes), on peut penser que ce document ne fixe que des règles concernant la sexualité des séminaristes. Or, ce n’est pas le cas. Il demande d’abord aux formateurs d’être formés en psychologie et d’avoir un juste recours à cette discipline des sciences humaines, quand cela semble nécessaire. Mais c’est déjà une pratique courante dans les lieux de formation en France. On peut penser que ce recours n’est pas systématique en tous points du monde.
Pour moi, la pointe du texte se situe dans une autre idée, bien plus intéressante. Indiquant huit qualités requises pour être ordonné (comme, par exemple, la capacité d’entrer en relation avec d’autres personnes ou le courage de prendre des décisions et d’y rester fidèle), cette note d’orientation rappelle que le candidat ne peut être appelé aux ordres qu’avec au moins un argument positif et que "le candidat atteindra progressivement, selon un cheminement long et pas toujours linéaire". Ces prescriptions sont ainsi vues comme des objectifs de formation. Intéressant, non ?
Par Julien Dupont, http://juliendupont.fr
samedi 2 février 2008
Journée de la vie consacrée: kesako?
Journée de la Vie consacrée, pour « aider la nouvelle évangélisation »
Fidèles laïcs et personnes consacrées ensemble
« Je suis sûr d'aider la nouvelle évangélisation », par l’institution d’une Journée mondiale de la Vie consacrée, affirmait Jean-Paul II en 1997.
La Journée mondiale pour la Vie consacrée, fixée au 2 février, a pour but de réunir dans une même prière les fidèles laïcs et personnes consacrées.
La fête de la Présentation de Jésus au Temple de Jérusalem a en effet été choisie par Jean-Paul II pour la Journée mondiale de la vie consacrée.
A Rome, vendredi prochain, 2 février, le cardinal Franc Rodé, préfet de la congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique, présidera la messe, à 17 h 30 en la basilique Saint-Pierre et le pape Benoît XVI viendra saluer les participants au terme de la célébration. La traditionnelle bénédiction des cierges de la « Chandeleur » et la procession précèderont la messe.
Selon Jean-Paul II, cette Journée mondiale de la vie consacrée a un triple but : remercier le Seigneur pour le grand don de la vie consacrée, faire mieux connaître et apprécier la vie consacrée au peuple de Dieu et les personnes consacrées sont donc invitées à célébrer ensemble et solennellement les merveilles que le Seigneur a accomplies en elles.
Dans son Message instituant la Journée mondiale de la vie consacrée, le 6 janvier 1997, Jean-Paul II exposait en effet le triple but d’une telle Journée à célébrer dans toute l’Eglise, et pas seulement par les personnes consacrées, religieuses et religieux, membres de Sociétés de vie apostolique ou laïcs consacrés.
Le pape Wojtyla y exposait également « les fruits attendus pour la mission de toute l'Eglise ».
« Après la célébration du Synode des Evêques sur la Vie consacrée et la publication de l'Exhortation apostolique "Vita consecrata", qui a reçu un si bon accueil dans les familles religieuses et chez un grand nombre de prêtres et de laïcs, j'ai décidé d'instituer une Journée de la vie consacrée, célébrée le 2 février, fête de la Présentation de Jésus au temple », expliquait le pape Wojtyla.
« Je désire donc que la célébration de la journée de la vie consacrée en cette fête liturgique rassemble les personnes consacrées et le peuple chrétien pour chanter avec la Vierge Marie, les merveilles que le Seigneur accomplit encore en tant de ses fils et de ses filles et pour manifester à tous que la condition du peuple saint de Dieu est d'être un peuple entièrement consacré au Seigneur », ajoutait Jean-Paul II.
« L'institution de cette journée en la fête de la Présentation du Seigneur au temple apportera, j'en suis certain, un appui à la mission de l'Eglise », expliquait-il.
« D'abord à la mission "ad gentes", afin que ceux qui n'ont pas encore connu le Christ puissent approcher son mystère d'Envoyé du Père. Ce mystère est révélé par l'existence de personnes qui par le don total d'elles-mêmes témoignent que le Christ est le Fils Unique, le Modèle insurpassable », précisait le pape polonais.
« Je suis sûr aussi d'aider la nouvelle évangélisation, affirmait-il. Elle est rendue possible et efficace grâce à des personnes qui, d'abord auto-évangélisées, peuvent présenter l'évangile dans sa plénitude et montrer le visage maternel de l'Eglise, servante des hommes et des femmes de notre temps ».
« Je suis également assuré, ajoute Jean-Paul II, d'apporter un soutien concret à la pastorale des Eglises particulières. Elles peuvent parfois être tentées comme Marthe, de considérer la mission surtout dans les nombreuses choses à faire et qui doivent être faites, bien sûr. Mais cette journée rappelle à tous que c'est en choisissant la part de Marie, qu'on peut porter des fruits abondants dans la vigne du Seigneur ».
Il concluait : « Que la Vierge Marie qui eut le très grand privilège de présenter au Père, Jésus Christ, son Fils Unique, comme une offrande pure et sainte, nous garde dans l'action de grâce envers le Seigneur pour le don de la vie consacrée et pour les merveilles qu'elle a accomplies pour le bien de toute l'humanité ».
ZF07013104
ROME, Mercredi 31 janvier 2007 (http://ZENIT.org) –
vendredi 18 janvier 2008
Jean-Paul II:"le manque de sainteté est ce qui rend le monde triste "
Très chers jeunes, soyez saints, car le manque de sainteté est ce qui rend le monde triste ! Les saints auxquels vous vous inspirez continuent d'exercer une fascination extraordinaire, car ils ont consacré sans relâche leur existence au Christ. Et, sans le vouloir, ils ont donné origine à un style évangélique "révolutionnaire" qui continue, aujourd'hui encore, à fasciner tant de jeunes, et pas seulement les jeunes. (...)
(Aux jeunes paticipants à la IIème rencontre internationale "Jeunes vers Assise", Castel Gandolfo, 18 août 2001)
jeudi 9 août 2007
Texte intégral du message de Benoît XVI pour les JMJ 2008
MESSAGE DU PAPE BENOÎT XVI
AUX JEUNES DU MONDE À L’OCCASION
DE LA XXIIIe JOURNÉE MONDIALE DE LA JEUNESSE, 2008
«Vous allez recevoir une force,
celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous.
Alors vous serez mes témoins» (Ac 1, 8)
Chers jeunes,
1. La XXIIIe Journée mondiale de la Jeunesse
Je me souviens toujours avec grande joie des différents moments que nous avons passés ensemble à Cologne en août 2005. À la fin de cette inoubliable manifestation de foi et d’enthousiasme, qui demeure gravée en mon esprit et en mon cœur, je vous ai donné rendez-vous pour la prochaine rencontre qui aura lieu à Sydney en 2008. Ce sera la XXIIIe Journée mondiale de la Jeunesseet elle aura pour thème: «Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins» (Ac 1, 8). Le fil conducteur de la préparation spirituelle pour le rendez-vous de Sydney est l’Esprit Saint et la mission. Si en 2006, nous nous sommes arrêtés pour méditer sur l'Esprit Saint comme Esprit de vérité, en 2007 nous avons cherché à découvrir plus profondément l’Esprit d'amour, pour nous acheminer ensuite vers la Journée mondiale de la Jeunesse de 2008, en réfléchissant sur l’Esprit de force et de témoignage, qui nous donne le courage de vivre l’Évangile et l’audace de le proclamer. Il est donc fondamental que chacun de vous les jeunes, dans sa communauté et avec ses éducateurs, puisse réfléchir sur le Protagoniste de l’histoire du salut qu’est l'Esprit Saint, ou Esprit de Jésus, pour parvenir aux buts élevés suivants: reconnaître la véritable identité de l'Esprit, d’abord en écoutant la Parole de Dieu dans la Révélation biblique; prendre conscience lucidement de sa présence continue, active, dans la vie de l’Église, en particulier en redécouvrant que l'Esprit Saint se présente comme “âme”, souffle vital de la vie chrétienne, grâce aux sacrements de l’initiation chrétienne – Baptême, Confirmation et Eucharistie; devenir ainsi capable de mûrir une compréhension de Jésus toujours plus approfondie et plus joyeuse, et en même temps de réaliser une mise en pratique efficace de l’Évangile à l’aube du troisième millénaire. Par ce message, je veux vous offrir une trame de méditation à approfondir durant cette année de préparation qui vous permettra de vérifier la qualité de votre foi dans l'Esprit Saint, de la retrouver si elle est perdue, de la fortifier si elle est affaiblie, de la goûter comme compagnie du Père et du Fils Jésus Christ, précisément grâce à l’action indispensable de l'Esprit Saint. N’oubliez jamais que l’Église, et même l’humanité qui vous entoure et qui vous attend dans l’avenir, compte beaucoup sur vous les jeunes, parce que vous avez en vous le don suprême du Père, l'Esprit de Jésus.
2. La promesse de l'Esprit Saint dans la Bible
L’écoute attentive de la Parole de Dieu en ce qui concerne le mystère et l’œuvre de l'Esprit Saint nous ouvre à de grandes et stimulantes connaissances, qui se résument dans les points suivants.
Peu avant son Ascension, Jésus dit à ses disciples: «Et moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis» (Lc 24, 49). Cela s’est réalisé le jour de la Pentecôte, lorsqu’ils étaient réunis en prière au Cénacle avec la Vierge Marie. L’effusion de l’Esprit Saint sur l’Église naissante fut l’accomplissement d’une promesse de Dieu beaucoup plus ancienne, annoncée et préparée tout au long de l’Ancien Testament.
En effet, dès les premières pages, la Bible évoque l’esprit de Dieu comme un souffle «qui planait au-dessus des eaux» (Gn 1, 2) et précise que Dieu insuffla dans les narines de l’homme un souffle de vie (cf. Gn 2, 7), lui donnant ainsi la vie elle-même. Après le péché originel, l’esprit vivifiant de Dieu se manifestera sous différentes formes dans l’histoire des hommes, suscitant des prophètes pour inciter le peuple élu à revenir vers Dieu et à observer fidèlement ses commandements. Dans la célèbre vision du prophète Ézéchiel, Dieu fait revivre par son esprit le peuple d’Israël, représenté par des «ossements desséchés» (cf. 37, 1-14). Joël prophétise une «effusion de l’esprit» sur tout le peuple, dont nul n’est exclu: «Après cela – écrit l’Auteur sacré –, je répandrai mon esprit sur toute créature... Même sur les serviteurs et sur les servantes je répandrai mon esprit en ces jours-là» (3, 1-2).
À la «plénitude des temps» (cf. Ga 4, 4), l’ange du Seigneur annonce à la Vierge de Nazareth que l’Esprit Saint, «puissance du Très-Haut», descendra sur elle et la prendra sous son ombre. Celui qu’elle enfantera sera donc saint et appelé Fils de Dieu (cf. Lc 1, 35). Selon l’expression du prophète Isaïe, le Messie sera celui sur qui reposera l’Esprit du Seigneur (cf. 11, 1-2; 42, 1). C’est précisément cette prophétie que Jésus reprit au début de son ministère public, dans la synagogue de Nazareth: « L'Esprit du Seigneur – dit-il devant ses auditeurs étonnés – est sur moi, parce que le Seigneur m’a consacré par l'onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu’ils sont libres, et aux aveugles qu’ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération, annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur» (Lc 4, 18-19; cf. Is 61, 1-2). S’adressant aux personnes présentes, il s’appliquera à lui-même ces paroles prophétiques en affirmant: «Cette parole de l’Écriture, que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit» (Lc 4, 21). Et encore, avant sa mort sur la croix, il annoncera à plusieurs reprises à ses disciples la venue de l’Esprit Saint, le “Consolateur”, dont la mission sera de lui rendre témoignage, d’assister les croyants, de les enseigner et de les conduire vers la Vérité tout entière (cf. Jn 14, 16-17. 25-26; 15, 26; 16, 13).
3. La Pentecôte, point de départ de la mission de l’Église
Au soir de sa résurrection, apparaissant à ses disciples, Jésus «répandit sur eux son souffle et il leur dit: “Recevez l'Esprit Saint”» (Jn 20, 22). Avec encore plus de force, l'Esprit Saint descendit sur les Apôtres le jour de la Pentecôte: «Soudain, il vint du ciel un bruit pareil à celui d’un violent coup de vent – lit-on dans les Actes des Apôtres – : toute la maison où ils se tenaient en fut remplie. Ils virent apparaître comme une sorte de feu qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun d'eux» (2, 2-3).
L’Esprit Saint renouvela intérieurement les Apôtres, les revêtant d’une force qui leur donna l’audace d’annoncer sans peur: «Le Christ est mort et il est ressuscité!» Libérés de toute peur, ils commencèrent à parler avec assurance (cf. Ac 2, 29; 4, 13; 4, 29. 31). Ces pêcheurs craintifs de Galilée étaient devenus de courageux annonciateurs de l’Évangile. Même leurs ennemis ne comprenaient pas comment «des hommes quelconques et sans instruction» (Ac 4, 13) pouvaient faire preuve d’un tel courage et supporter avec joie les contrariétés, les souffrances et les persécutions. Rien ne pouvait les arrêter. À tous ceux qui cherchaient à les contraindre au silence, ils répondaient: «Quant à nous, il nous est impossible de ne pas dire ce que nous avons vu et entendu» (Ac 4,20). C’est ainsi qu’est née l’Église, qui, depuis le jour de la Pentecôte, n’a cessé de répandre la Bonne Nouvelle «jusqu'aux extrémités de la terre» (Ac 1, 8).
4. L’Esprit Saint, âme de l’Église et principe de communion
Mais pour comprendre la mission de l’Église, nous devons revenir au Cénacle où les disciples restèrent ensemble (cf. Lc 24, 49), priant avec Marie, la “Mère”, dans l’attente de l’Esprit promis. C’est de cette icône de l’Église naissante que toute communauté chrétienne doit en permanence s’inspirer. La fécondité apostolique et missionnaire n’est pas d’abord le résultat de méthodes et de programmes pastoraux savamment élaborés et “efficaces”, mais le fruit de l’incessante prière communautaire (cf. Paul VI, Exhort. apost. Evangelii nuntiandi n. 75). En outre, l’efficacité de la mission présuppose que les communautés soient unies, à savoir qu’elles aient «un seul cœur et une seule âme» (Ac 4, 32), et qu’elles soient disposées à témoigner de l’amour et de la joie que l’Esprit Saint répand dans le cœur des fidèles (cf. Ac 2, 42). Le Serviteur de Dieu Jean-Paul II écrivait qu’avant même d'être une action, la mission de l’Église est un témoignage et un rayonnement (cf. Encycl. Redemptoris missio, n. 26). C’est ce qui se passait au début du christianisme, quand les païens, écrit Tertullien, se convertissaient en voyant l’amour qui régnait entre les chrétiens: «Voyez – disent-ils – comme ils s’aiment» (cf. Apologétique, n. 39 § 7).
En concluant ce rapide aperçu sur la Parole de Dieu dans la Bible, je vous invite à remarquer combien l’Esprit Saint est le don le plus grand que Dieu fait à l’homme, et donc le témoignage suprême de son amour pour nous, un amour qui s’exprime concrètement comme un «oui à la vie» que Dieu veut pour chacune de ses créatures. Ce «oui à la vie» prend sa forme la plus accomplie en Jésus de Nazareth et dans sa victoire sur le mal par la rédemption. À ce propos, n’oublions jamais que l’Évangile de Jésus, en raison même de l’Esprit, ne se réduit pas à une simple constatation, mais qu’il veut devenir «bonne nouvelle pour les pauvres, libération pour les prisonniers, retour à la vue pour les aveugles...». C’est ce qui s’est produit avec vigueur le jour de la Pentecôte, devenant pour l’Église une grâce et un devoir envers le monde, sa mission prioritaire.
Nous sommes les fruits de cette mission de l’Église par l’action de l’Esprit Saint. Nous portons en nous le sceau de l’amour du Père en Jésus Christ qu’est l’Esprit Saint. Ne l’oublions jamais, parce que l’Esprit du Seigneur se souvient toujours de chacun et qu’il veut, en particulier à travers vous les jeunes, susciter dans le monde le vent et le feu d’une nouvelle Pentecôte.
5 L’Esprit Saint, «Maître intérieur»
Chers jeunes, aujourd’hui encore l’Esprit Saint continue donc à agir avec puissance dans l’Église et ses fruits sont abondants dans la mesure où nous sommes disposés à nous ouvrir à sa force rénovatrice. C’est pourquoi il est important que chacun de nous Le connaisse, qu’il entre en relation avec Lui et qu’il se laisse guider par Lui. Mais à ce point, une question surgit naturellement: qui est l’Esprit Saint pour moi? Pour de nombreux chrétiens en effet, Il est encore le «grand inconnu». Voilà pourquoi, en nous préparant à la prochaine Journée mondiale de la Jeunesse, j’ai voulu vous inviter à approfondir votre connaissance personnelle de l’Esprit Saint. Dans la profession de foi, nous proclamons: «Je crois en l’Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie; il procède du Père et du Fils» (Symbole de Nicée-Constantinople). Oui, l’Esprit Saint, esprit d’amour du Père et du Fils, est Source de vie qui nous sanctifie, «puisque l'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l'Esprit Saint qui nous a été donné» (Rm 5, 5). Cependant il ne suffit pas de le connaître; il faut L’accueillir comme le guide de nos âmes, comme le «Maître intérieur», qui nous introduit dans le Mystère trinitaire, parce que Lui seul peut nous ouvrir à la foi et nous permettre d’en vivre chaque jour en plénitude. C’est Lui qui nous pousse vers les autres, allumant en nous le feu de l’amour, et qui nous rend missionnaires de la charité de Dieu.
Je sais bien toute l’estime et tout l’amour envers Jésus que vous, les jeunes, vous portez dans votre cœur et combien vous désirez Le rencontrer et parler avec Lui. Rappelez-vous donc que c’est précisément la présence de l’Esprit en nous qui atteste, qui constitue et qui construit notre personne sur la Personne même de Jésus crucifié et ressuscité. Devenons donc familiers de l'Esprit Saint pour l’être aussi de Jésus.
6 Les Sacrements de la Confirmation et de l’Eucharistie
Alors, me direz-vous, comment nous laisser renouveler par l’Esprit Saint et comment grandir dans notre vie spirituelle? La réponse est, vous le savez, que cela est possible par les Sacrements, car la foi naît et se fortifie grâce aux Sacrements, en particulier ceux de l’initiation chrétienne: le Baptême, la Confirmation et l’Eucharistie, qui sont complémentaires et inséparables (cf. Catéchisme de l’Église Catholique, n. 1285). Cette vérité sur les trois Sacrements qui sont à l’origine de notre être chrétien est sans doute négligée dans la vie de foi de nombreux chrétiens, pour lesquels ce sont des gestes accomplis dans le passé, sans incidence réelle sur le présent, comme des racines sans sève vitale. Il arrive qu’une fois la Confirmation reçue, des jeunes s’éloignent de la vie de foi. Il y a également des jeunes qui ne reçoivent même pas ce sacrement. C’est pourtant par les sacrements du Baptême, de la Confirmation et, de manière continuée, par l’Eucharistie, que l’Esprit Saint nous rend fils du Père, frères de Jésus, membres de son Église, capables de rendre un vrai témoignage envers l’Évangile, de goûter la joie de la foi.
Je vous invite donc à réfléchir sur ce que je vous écris. Il est particulièrement important aujourd’hui de redécouvrir le sacrement de la Confirmation et d’en retrouver la valeur pour notre croissance spirituelle. Que celui qui a reçu les sacrements du Baptême et de la Confirmation se souvienne qu’il est devenu «temple de l’Esprit»: Dieu habite en lui. Qu’il en soit toujours conscient et fasse en sorte que le trésor qui est en lui porte des fruits de sainteté. Que celui qui est baptisé, mais qui n’a pas encore reçu le sacrement de la Confirmation, se prépare à le recevoir en sachant qu’il deviendra ainsi un chrétien «accompli», parce que la Confirmation parfait la grâce baptismale (cf. CCC, nn. 1302-1304).
La Confirmation nous donne une force spéciale pour témoigner de Dieu et pour le glorifier par toute notre vie (cf. Rm 12, 1); elle nous rend intimement conscients de notre appartenance à l’Église, «Corps du Christ», dont nous sommes tous des membres vivants, solidaires les uns des autres (cf. 1 Co 12,12-25). Tout baptisé peut apporter sa contribution à l’édification de l’Église en se laissant guider par l’Esprit, grâce aux charismes qu’Il donne, car «chacun reçoit le don de manifester l’Esprit en vue du bien commun» (1 Co 12, 7). Et quand l’Esprit agit, il apporte dans l’âme ses fruits, qui sont «amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, humilité et maîtrise de soi» (Ga 5, 22). À ceux d’entre vous qui n’ont pas encore reçu le sacrement de la Confirmation, j’adresse une invitation cordiale à se préparer à l’accueillir, en demandant l’aide de leurs prêtres. C’est une occasion de grâce toute particulière que le Seigneur vous offre: ne la laissez pas passer!
Je voudrais encore ajouter une parole sur l’Eucharistie. Pour croître dans la vie chrétienne, il est nécessaire de se nourrir du Corps et du Sang du Christ: en effet, nous sommes baptisés et confirmés en vue de l’Eucharistie (cf. CCC, 1322; Exhort. apost. Sacramentum caritatis, n. 17). «Source et sommet» de la vie ecclésiale, l’Eucharistie est une «Pentecôte perpétuelle», parce que chaque fois que nous célébrons la Messe, nous recevons l’Esprit Saint, qui nous unit plus profondément au Christ et qui nous transforme en Lui. Chers jeunes, si vous participez fréquemment à la célébration eucharistique, si vous prenez un peu de votre temps pour l’adoration du Saint-Sacrement, alors, de la Source de l’amour qu’est l’Eucharistie, vous sera donnée la joyeuse détermination à consacrer votre vie à la suite de l’Évangile. Vous ferez en même temps l’expérience que là où nous ne réussissons pas par nos propres forces, l’Esprit Saint vient nous transformer, nous remplir de sa force et faire de nous des témoins remplis de l’ardeur missionnaire du Christ ressuscité.
7 La nécessité et l’urgence de la mission
Bien des jeunes regardent leur vie avec appréhension et se posent de nombreuses questions sur leur avenir. Et ils se demandent avec préoccupation: comment nous insérer dans un monde marqué par des injustices et des souffrances nombreuses et graves? Comment réagir face à l’égoïsme et à la violence qui semblent parfois l’emporter? Comment donner tout son sens à la vie? Comment faire en sorte que les fruits de l’Esprit que nous avons rappelés précédemment, «amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, humilité et maîtrise de soi» (n. 6), inondent notre monde blessé et fragile, le monde des jeunes en particulier? À quelles conditions l’Esprit vivifiant de la première création et surtout de la seconde création, ou rédemption, peut-il devenir l’âme nouvelle de l’humanité? N’oublions pas que plus le don de Dieu est grand – et celui de l’Esprit de Jésus est éminent – plus est grand le besoin du monde de le recevoir et donc grande et passionnante la mission de l’Église d’en donner un témoignage crédible. Et vous les jeunes, par la Journée mondiale de la Jeunesse, d’une certaine façon vous attestez votre volonté de participer à cette mission. À ce propos, il me tient à cœur de vous rappeler, chers amis, quelques vérités de base sur lesquelles méditer. Une fois encore, je vous répète que seul le Christ peut combler les aspirations les plus intimes du cœur de l’homme; Lui seul est capable d’humaniser l’humanité et de la conduire à sa «divinisation». Par la puissance de son Esprit, Il répand en nous la charité divine qui nous rend capables d’aimer notre prochain et prêts à nous mettre à son service. L’Esprit Saint éclaire, nous révélant le Christ mort et ressuscité; il nous indique la route pour devenir davantage semblables à Lui, à savoir pour être «expression et instrument de l’amour qui émane de lui» (Encycl. Deus caritas est, n. 33). Et celui qui se laisse guider par l’Esprit comprend que se mettre au service de l’Évangile n’est pas une option facultative, parce qu’il perçoit combien il est urgent de transmettre aussi aux autres cette Bonne Nouvelle. Cependant, il convient de le rappeler encore, nous ne pouvons être des témoins du Christ que si nous nous laissons guider par l’Esprit Saint, qui est «l’agent principal de l’évangélisation» (Evangelii nuntiandi, n. 75) et «le protagoniste de la mission» (Redemptoris missio, n. 21). Chers jeunes, comme l’ont rappelé à maintes reprises mes vénérés Prédécesseurs Paul VI et Jean-Paul II, annoncer l’Évangile et témoigner de sa foi est aujourd’hui plus que jamais nécessaire (cf. Redemptoris missio, n. 1). Certains pensent que présenter le précieux trésor de la foi aux personnes qui ne la partagent pas signifie être intolérants à leur égard, mais il n’en est pas ainsi, car proposer le Christ ne signifie pas l’imposer (cf. Evangelii nuntiandi, n. 80). D’ailleurs, cela fait deux mille ans que douze Apôtres ont donné leur vie afin que le Christ soit connu et aimé. Depuis lors, l’Évangile continue à se répandre au cours des siècles grâce à des hommes et à des femmes animés par le même zèle missionnaire. C’est pourquoi, aujourd’hui encore, des disciples du Christ n’épargnent ni leur temps, ni leur énergie pour servir l’Évangile. Il faut que des jeunes se laissent embraser par l’amour de Dieu et qu’ils répondent généreusement à son appel pressant, comme tant de jeunes bienheureux et saints l’ont fait dans le passé, mais aussi à des époques plus récentes. En particulier, je vous assure que l’Esprit de Jésus vous invite aujourd’hui, vous les jeunes, à porter la belle nouvelle de Jésus aux jeunes de votre âge. L’indéniable difficulté des adultes à rejoindre de manière compréhensible et convaincante le monde des jeunes peut être un signe par lequel l’Esprit entend vous pousser, vous les jeunes, à prendre en charge cette tâche. Vous connaissez les idéaux, les langages, ainsi que les blessures, les attentes, et le désir du bien qu’ont les jeunes de votre âge. S’ouvre à vous le vaste monde des affections, du travail, de la formation, de vos souhaits, de la souffrance des jeunes... Que chacun de vous ait le courage de promettre à l’Esprit Saint d’amener un jeune à Jésus Christ, selon le moyen qui lui semble le meilleur, en sachant «rendre compte de l’espérance qui est en lui, avec douceur» (cf. 1 P 3, 15).
Mais pour atteindre ce but, chers amis, soyez saints, soyez missionnaires, parce qu’on ne peut jamais séparer la sainteté de la mission (cf. Redemptoris missio, n. 90). N’ayez pas peur de devenir des saints missionnaires comme saint François-Xavier, qui a parcouru l’Extrême Orient en annonçant la Bonne Nouvelle jusqu’à l’extrémité des ses forces, ou comme sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, qui fut missionnaire sans avoir quitté son Carmel: l’un comme l’autre sont «Patrons des Missions». Soyez prêts à mettre en jeu votre vie pour illuminer le monde avec la vérité du Christ; pour répondre avec amour à la haine et au mépris de la vie; pour proclamer l’espérance du Christ ressuscité en tout point de la terre.
8.. Invoquer une «nouvelle Pentecôte» sur le monde
Chers jeunes, je vous attends nombreux en juillet 2008 à Sydney. Ce sera une occasion providentielle de faire pleinement l’expérience de la puissance de l’Esprit Saint. Venez nombreux, pour être un signe d’espérance et un soutien précieux pour les communautés de l’Église en Australie, qui se préparent à vous accueillir. Pour les jeunes du pays qui nous accueillera, ce sera une opportunité exceptionnelle d’annoncer la beauté et la joie de l’Évangile à une société à bien des égards sécularisée. L’Australie, comme toute l’Océanie, a besoin de redécouvrir ses racines chrétiennes. Dans l’exhortation post-synodale Ecclesia in Oceania, Jean-Paul II écrivait: «Par la puissance du Saint-Esprit, l'Église en Océanie se prépare à une nouvelle évangélisation des peuples qui aujourd'hui ont soif du Christ... La première priorité pour l’Église en Océanie, c'est de procéder à une nouvelle évangélisation» (n. 18).
Je vous invite à consacrer du temps à la prière et à votre formation spirituelle en cette dernière étape du chemin qui nous conduit à la XXIIIe Journée mondiale de la Jeunesse, afin qu’à Sydney, vous puissiez renouveler les promesses de votre Baptême et de votre Confirmation. Ensemble, nous invoquerons l’Esprit Saint, demandant avec confiance à Dieu le don d’une Pentecôte renouvelée pour l’Église et pour l’humanité du troisième millénaire.
Que Marie, réunie en prière au Cénacle avec les Apôtres, vous accompagne durant ces mois et qu’elle obtienne pour tous les jeunes chrétiens une nouvelle effusion de l’Esprit Saint qui embrase vos cœurs. Rappelez-vous que l’Église a confiance en vous! Nous les Pasteurs, nous prions en particulier pour que vous aimiez et fassiez aimer Jésus toujours plus et que vous marchiez à sa suite fidèlement. Dans ces sentiments, je vous bénis tous avec une grande affection.
De Lorenzago, le 20 juillet 2007.
BENEDICTUS PP. XVI
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vendredi 16 février 2007
« La mission est toujours une avancée à travers les dépouillements inévitables »
1807-2007 : bicentenaire des sœurs de saint Joseph de Cluny
« La mission est toujours une avancée à travers les dépouillements inévitables… Même après les catastrophes qui mettent à mal nos communautés, nous ne baissons pas les bras. J’admire nos sœurs d’Afrique qui après avoir tout perdu après les guerres, les pillages, sont prêtes, malgré les risques… à recommencer patiemment et courageusement », affirme la représentante légale de la congrégation des sœurs de saint Joseph de Cluny dans cet entretien à Zenit.
Il y a deux cents ans, la Bienheureuse Anne-Marie Javouhey, ses trois sœurs et cinq autres compagnes, se consacraient à Jésus Christ et Anne-Marie Javouhey fondait la nouvelle congrégation de Saint Joseph de Cluny. A la mort de la fondatrice, 140 communautés étaient déjà implantées dans les cinq continents. Aujourd’hui il existe plus de 400 communautés. Près de 3.000 sœurs sont engagées dans l'enseignement, les soins et l'accompagnement des plus nécessiteux, dans une soixantaine de pays environ.
Zenit : Sr. Dominique, la Congrégation des sœurs de Saint Joseph de Cluny célèbre cette année son bicentenaire. Comment organisez-vous les festivités ?
Sr. Dominique : Nous avons voulu vivre l’un des temps forts de l’année sur les lieux source, et le jour anniversaire du deuxième centenaire, c’est-à-dire le 12 mai. Autour de cette date nous aurons plusieurs rencontres : le 11 mai à Cluny, le 12 mai à Autun, le 13 à Chalon et puis Chamblanc et le 14 à Paris. Pourquoi ? Parce que nous sommes nées en Bourgogne, que c’est notre terre de fondation. Et nous avons vraiment voulu vivre ce moment du 2° centenaire, lui donner un impact pour rendre grâce, et en même temps pour vraiment venir puiser cette dynamique du début pour nous revivifier. Nous viendrons de tous les pays. Nous serons près de 200 religieuses, pour vivre un temps fort en Eglise avec les paroisses, avec les gens qui sont en lien avec nous, et je crois que ce sera vraiment un moment très très fort pour nous toutes.
Zenit : En quoi le message d’Anne-Marie Javouhey est-il toujours actuel ?
Sr. Dominique : Anne-Marie a toujours gardé le cœur disponible pour entrer dans ce que Dieu voulait et qui se manifestait, disait-elle, « par des situations dans lesquelles elle se trouvait sans les avoir cherchées ». Quand elle s’embarquait pour des missions périlleuses, ce n’était pas par goût de l’aventure mais en raison de l’intuition qu’à travers et au-delà du service que le gouvernement lui confiait, elle travaillerait à la promotion de l’homme et à la construction du Royaume.
Pour nous aussi ce discernement de l’appel de Dieu est essentiel quand il s’agit du travail missionnaire. Nous n’avons pas à reproduire ce qui s’est toujours fait, ni même parce qu’Anne-Marie avait fait tel choix à son époque, mais à faire aujourd’hui le choix qui semble le meilleur pour que notre vie soit Parole de Dieu et service de l’homme.
Anne-Marie croyait profondément à la valeur de tout homme, sans discrimination de race, de culture, de religion (elle admirait la ferveur des musulmans au Sénégal). Elle voulait permettre à chacun de se découvrir aimé de Dieu. Elle était attentive en particulier aux plus déshérités. C’est en ce sens qu’elle a travaillé à la libération des esclaves affranchis de Mana en Guyane.
Aujourd’hui, même si nous ne sommes plus confrontées aux mêmes réalités… bien des esclavages modernes existent. A nous d’y être attentives et d’y répondre.
Zenit : Parlons maintenant plus concrètement de votre expansion à travers le monde. Qu’est-ce qui a déterminé votre implantation dans tel ou tel pays en particulier ?
Sr. Dominique : Cette expansion missionnaire s’est faite à partir du moment où nos premières sœurs sont parties à l’Ile Bourbon en 1817, c’est-à-dire pratiquement 10 ans après la fondation. L’on peut dire que ce départ outre-mer a été un déclic qui a donné une expansion à la congrégation. C’est à partir de ce moment-là que les vocations ont vraiment afflué. Cela a été un essor qui s’est perpétué au gré des événements qui ont été parfois plus ou moins rapides qu’on ne le prévoyait, ou différents. Il y a eu aussi des événements douloureux qui nous ont amenées à réajuster nos implantations. Je pense par exemple au début du 20ème siècle, au moment de la laïcisation des établissements scolaires en France : nous avons dû fermer plus de 200 écoles et communautés. Si bien que les sœurs sont parties renforcer, dans les pays lointains, ce qui existait ou fonder d’autres implantations dans d’autres pays, notamment en Angleterre, en Espagne. Et puis il y a eu des événements comme la révolution en Espagne ou au Portugal qui nous ont également donné l’occasion de chercher d’autres lieux de mission. Puis au moment où certains pays d’Afrique ont vécu l’indépendance, par exemple en Guinée ou au Congo, ou à Madagascar, d’un jour à l’autre nous avons dû quitter nos écoles. Mais tout cela nous a amenées à réfléchir comment vivre la mission sur place, d’une autre manière, ou alors partir ailleurs.
A la mort d’Anne-Marie Javouhey, en 1851, les 2/3 de la congrégation se trouvaient en France avec un total de 1000 sœurs pour l’ensemble de la congrégation, et le tiers de la congrégation était à l’extérieur. Les sœurs, à cette époque, partaient de France, puis elles sont parties d’Irlande, puis du Portugal. Aujourd’hui le mouvement s’est inversé : le tiers se trouve en Europe et les 2/3 à l’extérieur, dont plus de 1000 sœurs en Inde. Les sœurs de l’Inde maintenant, ou d’Afrique, partent à leur tour en mission dans d’autres pays que le leur.
Zenit : Ceci a-t-il entraîné des changements, une évolution au niveau même de vos secteurs d’activités à travers le monde ?
Sr. Dominique : En fait, nos secteurs d’activité évoluent au fur et à mesure de nos implantations puisque nous sommes très polyvalentes comme le veulent les besoins de la mission. Par exemple, au niveau de la Lèpre (et il n’y a pas seulement la lèpre), il y a aussi les dispensaires, tous les dépistages, donc notre présence s’est réduite. Mais nous continuons toujours d’être très impliquées. La tuberculose a quand même aussi régressé dans certains pays, mais tout n’est pas acquis. Et puis, il y a les nouvelles pauvretés. Sur le plan du Sida il y a un énorme travail à faire, dans certains pays d’Afrique notamment. Il y a toute une évolution qui se fait sur le plan des activités, des nouvelles pauvretés, des exclus de notre époque, comme le monde des réfugiés par exemple, qui est un secteur dans lequel nous devons vraiment nous engager.
Zenit : En France, les sœurs de Cluny ont été en 1900 les premières infirmières de l'Hôpital Pasteur. Puis elles ont créé une école d’infirmière largement reconnue. Cette école a disparu en 1970, et les sœurs ont fini par quitter l’hôpital pasteur qui lui a fermé ses portes en 2000. Y-a-t-il eu d’autres cas comme celui-ci en d’autres endroits ou d’autres secteurs et qui constituent une véritable souffrance pour la Congrégation ?
Sr. Dominique : Oui, je pense en particulier à la souffrance éprouvée lors de notre retrait de l’hôpital psychiatrique de Limoux, après 150 ans de travail énorme depuis la fondation de cet hôpital par Anne-Marie. Elle avait commencé ce travail auprès des malades mentaux à Alençon alors qu’elle n’y était pas du tout préparée. Du reste, à cette époque, on ne soignait pas ce type de malades. On les maîtrisait pour qu’ils ne nuisent pas à l’entourage. Anne-Marie et ses sœurs se sont complètement investies pour rassurer et soigner ces malheureux et leur organiser des conditions de vie plus humaines. Forte de cette expérience, elle répond favorablement à la demande du Préfet de l’Aude d’ouvrir à Limoux un centre de soins pour ces mêmes malades.
Notre retrait de l’hôpital de Limoux en 1978, a été une épreuve, car c’était un service humanitaire très cher à notre Fondatrice et tellement d’actualité aussi ! Mais nous n’avions plus les moyens d’assumer ce service - même si une sœur continue d’y travailler dans le cadre de l’aumônerie.
Zenit : Quelle réflexion tirez-vous de ce genre d’épreuve pour vos missions futures ?
Sr. Dominique : La mission est toujours une avancée à travers les dépouillements inévitables : « Va, quitte ton pays ! » Même après les catastrophes qui mettent à mal nos communautés, nous ne baissons pas les bras. J’admire nos sœurs d’Afrique qui après avoir tout perdu après les guerres, les pillages, sont prêtes, malgré les risques, même avec de pauvres moyens, à recommencer patiemment et courageusement. C’est la force de la vie qui les pousse, la force de l’espérance. C’est l’esprit missionnaire qui les habite.
Le jubilé du bicentenaire de la congrégation des sœurs de Saint Joseph de Cluny a débuté en mai et juin 2006 avec le chapitre général à Paris, qui a confirmé sr Morag Collins, Ecossaise, comme supérieure générale pour un nouveau mandat de 6 ans. Les festivités se poursuivent tout au long de l'année 2007.
La congrégation des Sœurs de St Joseph de Cluny aujourd'hui :
Implantations : Europe, Amérique et Antilles, Afrique, Asie, Iles de l’Océan Indien et Océanie, avec 2925 sœurs en 412 communautés et 130 novices.
93 maisons en Europe
102 maisons en Afrique et Océan indien
115 maisons en Asie
78 maisons en Amérique et aux Antilles
24 maisons en Océanie
Fondations récentes dans de nouveaux pays : 1992, Pologne - 1993, Guinée Bissau, R.D. Congo, La Dominique - 1994, Philippines - 1995, Cameroun - 1997, Cuba - 1998, Tanzanie - 1999, Niger - 2001, Argentine
(Les soeurs de Saint Joseph de Cluny sont présentes dans notre diocèse à Lille, rue Colbert)
ZF07020908
ROME, Vendredi 9 février 2007 (http://ZENIT.org) –



















