jeudi 5 novembre 2009
Card. Godfried Danneels: "La prière du pasteur" (4/8)
Il y a aussi l’adoration du Saint-Sacrement, une forme de prière à laquelle, après la réforme, l’Eglise doit sa foi en la présence réelle, mais qui aujourd’hui est laissée un peu trop à l’arrière-plan. L’adoration est particulièrement indiquée pour nous prêtres. N’est-il pas vrai que, au cours des célébrations mêmes, presque toute notre attention doit aller au « comment » de la célébration (diction, homélie, régie de la cérémonie) de sorte que c’est à peine si nous pouvons penser à « ce » que nous sommes en train de faire ? A cela s’ajoute que dans une même journée nous devons souvent célébrer plus d’une fois l’eucharistie pour nos communautés. Il est dès lors indispensable que dans l’adoration nous reprenions la messe dans sa réalité interne, que, à l’état pur, nous intériorisions ses attitudes fondamentales d’écoute et de prière, que nous nous unissions au Seigneur tout simplement, sans parasites de soucis pratiques.
Cardinal Godfried Dannels, La prière du pasteur (2006)
mardi 13 octobre 2009
Card. Godfried Danneels: "La prière du pasteur" (3/8)
Notre vie de prière a donc en premier lieu un
rythme quotidien et d’abord il y a la ‘Prière des Heures’. Elle sanctifie notre
journée selon le rythme naturel et ecclésiastique de toujours : celui des
heures de la journée. Parmi ces heures, les prières du matin et du soir sont
les points charnières. Elles ne peuvent pas être négligées. C’est aussi bien à
ces deux heures que les ‘Praenotanda’ du bréviaire accordent la plus grande
importance.
La prière des heures fait partie intégrante de notre tâche de pastorale. Il
nous est expressément demandé de la prier chaque jour, au nom de toute l’Eglise,
mais en particulier pour la communauté dont nous avons charge pastorale. C’est
la prière du guide d’une communauté, celle de Moïse sur la montagne, celle des
apôtre chaque jour dans le temple.
Négliger cette prière des heures sans
raison valable ou la réduire au minimum (quand ça convient), conduit souvent à
désorganiser la vie de prière tout au long du jour au point de nous échapper
entièrement. Or nous en avons besoin : elle constitue un régime parfait
pour une vie de prière équilibrée. Car tous les genres y sont présents :
hymnes, psaumes, lectures de l’Ecriture. A lui seul, le psautier offre d’ailleurs
tout l’éventail des formes de prière : depuis la louange exubérante jusqu’à
la plainte déchirante, jusqu’à la révolte même. Aucune vitamine ne manque au
menu de la prière des heures de l‘Eglise.
Elle est aussi la prière du peuple de Dieu.
Pourquoi ne pas la prier plus souvent ensemble avec les fidèles à l’église
paroissiale ? Elle est d’ailleurs une excellente forme de prière avant ou
après une réunion, ou en guise de célébration non-eucharistique. Depuis la
parution de la ‘Prière du temps présent’ la chose est facile à réaliser. Et
pourquoi lors des repas qui ça et là réunissent des prêtres, ne prierions-nous
pas d’abord la prière du midi ? Dans le rythme de prière quotidien, a sa
place également un temps de prière personnelle. Celle-ci peut se pratiquer de
diverses manières : prière mentale sans paroles, lectio divina, et
pourquoi pas, dans les moments de stress, de fatigue ou de maladie, une simple
prière vocale comme le rosaire. La prière personnelle tient d’ailleurs sa
valeur du degré d’amour dont est est l’expression, et souvent le première
expression de l’amour, c’est de donner du temps à Dieu, de demeurer devant sa Face :
‘J’étais comme une bête, mais j’étais avec Toi’ (Ps 73,22b).
Cardinal Godfried Dannels, La prière du pasteur (2006)










