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mercredi 11 février 2009

Card. Etchegaray: Au rythme de l’Eglise : Aimons l’Eglise !

arcabas

Aimons l’Eglise ! Aimons-la à tout instant, surtout quand nous souffrons pour elle ou même par elle. Je pense à ce qu’écrivait un jour, au cœur même de ses difficultés, le P. Teillard de Chardin : « L’Eglise est le plus grand foyer collectif d’amour jamais encore apparu au monde. »

Aimons l’Eglise ! Est-ce que vraiment nous nous aidons les uns les autres à progresser dans l’amour de l’Eglise ? Pour cela, il nous faut d’abord réapprendre l’amour entre nous. On ne disait pas des chrétiens des premiers temps : »Voyez comme ils nous aiment », mais « Voyez comme ils s’aiment ! » Nous avons à expérimenter l’harmonie d’une double appartenance : l’appartenance à la communauté diversifiée des hommes et l’appartenance à la communauté unie des disciples du Christ.

Peu de chrétiens ont fait cette expérience spirituelle à deux faces. Il nous faut retrouver l’Eglise non comme une carcasse sociologique mais comme une communauté fraternelle dans les profondeurs de laquelle surabondent les énergies divines.

Par nos soupçons, par nos disputes intestines, nous avons trop souvent enchaîné notre Eglise, nous en sommes devenus les gardiens féroces et tristes qui l’empêchent de « passer en Macédoine » et de gambader joyeusement sur la grève infinie où autour d’innombrables petits brasiers, campent les hommes d’aujourd’hui en nous attendant pour partager avec eux le poisson du lendemain de Pâques.

Aimons l’Eglise, cet immense troupeau dont chaque brebis sur sa laine est marquée au fer rouge de l’amour de Dieu. Seul un vrai croyant peut aimer l’Eglise. Lorsque le regard de foi sur l’Eglise devient trop incertain, il ne saurait éveiller un véritable amour ni engager la fidélité de toute une existence. L’Eglise a plus besoin d’être aimée que réformée, car l’homme ne voit d’autant qu’il aime. Le risque de l’amour est la condition première de la foi. Dès lors qu’on l’assume, il n’est plus besoin de se dissimuler la face obscure de l’Eglise. On peut faire pleurer l’Eglise mais on ne la renie pas, pas plus qu’une mère. « Je ne vivrais pas cinq minutes hors de l’Eglise, disait Bernanos, et si l’on m’en chassait, j’y rentrerais aussitôt, pieds nus, en chemise. »

Cardinal Roger Etchegaray, J’avance comme un âne , Fayard (1984)

Posté par vocations à 07:00 - J'avance comme un âne... - Commentaires [0] - Permalien [#]
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