samedi 31 octobre 2009
De la part de Madeleine Delbrêl
La parole de Dieu, on ne l’emporte pas au bout du monde dans
une mallette: on la porte en soi, on l’emporte en soi.
On ne la met pas dans un coin de soi-même, dans sa mémoire
comme sur une étagère d'armoire où on l'aurait rangée. On la laisse aller jusqu’
au fond de soi, jusqu’ à ce gond où pivote tout nous-mêmes.
On ne peut pas être missionnaire sans avoir fait en soi cet
accueil franc, large, cordial à la parole de Dieu, à l'Évangile.
Cette parole, sa tendance vivante, elle est de se faire
chair, de se faire chair en nous.
Et quand nous sommes ainsi habités par elle, nous devenons
aptes à être missionnaires.
Mais ne nous méprenons pas. Sachons qu’il est très onéreux
de recevoir en soi le message intact. C’est pourquoi tant d’entre nous le
retouchent le mutilent, l'atténuent.
On éprouve le besoin de le mettre à la mode du jour comme si
Dieu n'était pas à la mode de tous les jours, comme si on retouchait Dieu...
Une fois que nous avons connu la parole de Dieu, nous n'avons pas le droit de ne pas la recevoir; une fois que nous l'avons reçue, nous n'avons pas le droit de ne pas la laisser s’incarner en nous, une fois qu’elle s’est incarnée en nous, nous n’avons pas le droit de la garder pour nous: nous appartenons dès lors à ceux qui l'attendent.









